L'armée égyptienne a annoncé lundi soir qu'elle jugeait « légitimes » les revendications du peuple, qui manifeste depuis une semaine contre le gouvernement, et qu'elle ne recourrait pas à la force contre les manifestants.S'adressant au « grand peuple d'Égypte », l'armée a jugé « légitimes » ses revendications et assuré qu'elle ne recourrait « pas à l'usage de la force contre le peuple égyptien ».
« La liberté d'expression de forme pacifique est garantie pour tous », a affirmé le porte-parole de l'armée, cité par l'agence officielle Mena et la télévision d'État.
Les forces armées égyptiennes ont assuré qu'elles n'utiliseraient pas la force contre les manifestants, a rapporté la télévision d'État lundi, à la veille d'une « marche d'un million » de personnes prévue mardi au Caire et à Alexandrie (nord) pour réclamer la chute du président Hosni Moubarak.
Source Cyberpresse
Le statut de cette déclaration du porte-parole de l'armée, rapportée par les agences de presse, est troublant. Le président, le vice-président, et le premier ministre égyptien sont tous les trois des militaires, et c'est évidemment Hosni Moubarak, en tant que chef de l'État, qui reste le commandant en chef des forces armées.
Dans l'équation politique qui se développe depuis une semaine, Hosni Moubarak a fait un premier geste en nommant Omar Suleiman, le chef de ses services secrets, un officier supérieur de 74 ans, au poste de vice-président, qui n'avait jamais été occupé depuis un quart de siècle.
Suleiman, homme de toutes les négociations diplomatiques, mais aussi homme des basses oeuvres de torture des islamistes, n'est pas acceptable pour remplacer éventuellement Moubarak aux yeux des manifestants.Quelle armée s'exprime donc au travers de cette déclaration du porte-parole? Celle de l'état-major, contrôlé par Hosni Moubarak et Omar Suleiman? Ou y a-t-il une prise de distance entre cette armée et le pouvoir suprême?
C'est avec cette question sans réponse, mais fort de la promesse de l'armée de respecter leur « liberté d'expression », que les manifestants descendront dans la rue mardi au Caire et dans les grandes métropoles égyptiennes, pour une journée qui pèsera lourd.
Source Rue 89
































