La marine et la garde côtière grecque ont arraisonné et abordé le navire canadien Tahrir au large de la Grèce lundi. Les autorités grecques refusaient d'autoriser le départ des navires d'un convoi humanitaire vers la bande de Gaza.
« Le bateau a été investi par des forces spéciales armées que les garde-côtes avaient fait monter à bord une dizaine de minutes après son départ du port Aghios Nikolaos, dans l'est de l'île de Crète », a indiqué Huwaida Arraf, porte-parole de l'organisation canadienne « Un bateau pour Gaza », selon laquelle le bateau a rebroussé chemin.
Le bateau, baptisé « Tahrir », transportait une quarantaine de personnes, dont des Canadiens, des Français, des Italiens.
Il a appareillé sans son capitaine qui risquait sinon de perdre sa licence. « Un passager, ancien sénateur belge, Joseph Dube, qui possédait une licence expirée, sert de capitaine et a dit qu'il assumait la responsabilité de cette action », a indiqué la militante.
Quand les forces spéciales armées sont montées à bord, « une trentaine de passagers ont indiqué être le capitaine », selon Mme Arraf.
« Je parle avec un homme armé d'une mitraillette. Tout est chaotique ici. (...) Il y a une quinzaine d'hommes armés qui repousse les gens, nous n'utilisons pas la violence », a dit à l'AFP un passager du bateau joint par téléphone, David Heap.
Source Cyberpresse
À quoi sert le blocus de Gaza?
« Dès les lendemains de la guerre de 1967 », Israël a mis en place à Gaza une administration militaire, qui restera en fonction jusqu’à la création de l’Autorité palestinienne, en 1994, rappelait un article du Monde de juin 2010. Son objectif était clair : affaiblir Gaza, démographiquement (par des déportations dans le Sinaï), et par un blocus économique, qui s’exercera par la fermeture du port. Sara Roy, chercheuse au Centre des études sur le Proche-Orient de l’université Harvard et spécialiste reconnue de Gaza, explique dans ses publications que « le déclin, la destruction de l’économie et de la société de Gaza ont été délibérée, le résultat d’une politique d’État, consciemment planifiée et mise en oeuvre. Si Israël en porte la responsabilité principale, ajoute-t-elle, les États-Unis et l’Union européenne, parmi d’autres, sont également coupables (par leur silence), ainsi que l’Autorité palestinienne ». Lorsqu’éclate la seconde Intifada (septembre 2000), rappelle Sara Roy, « la politique de fermeture d’Israël est en place depuis sept ans, entraînant des niveaux de chômage et de pauvreté qui était sans précédent. Si cette politique s’est révélée si destructive, c’est en raison d’un processus vieux de trente ans consistant à intégrer l’économie de Gaza dans celle d’Israël, qui a sapé la base économique locale en la rendant dépendante d’Israël. Résultat, lorsque Gaza a été séparé d’Israël par le blocus, les moyens d’une autosuffisance n’existaient plus ». Le blocus et les destructions causées par la seconde Intifada sont intervenus « sur une fondation déjà minée par trente-huit ans d’une politique israélienne délibérée d’expropriation, d’intégration et de dé-institutionnalisation, qui avait depuis longtemps dépouillé la Palestine de son potentiel de développement, en s’assurant qu’une structure économique (et donc politique) viable ne pouvait émerger », ajoute Mme Roy. »
Source Plume de Presse. Un gros merci à Leila Khaled pour l'info

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