Il reste des dictateurs soutenus par les États-Unis...
C’est l’effet indésiré du nouvel engagement américain pour la démocratie au nord de l’Afrique : maintenant que Barack Obama a laissé tomber Hosni Moubarak et fait bombarder Mouammar Kadhafi, on regarde avec plus d’attention quels sont encore les dictateurs qui continuent d’opprimer et piller leurs peuples avec le soutien complice des dirigeants américains. Le New York Times de ce mardi attire l’attention sur un cas d’école : Teodoro Obiang Nguema, président de la petite Guinée Équatoriale, au pouvoir depuis 1979, avec la complicité active des diplomates et hommes d’affaires américains. Comme le formule joliment le New York Times, « le fait qu’il soit très critiqué en matière de libertés élémentaires n’a guère fait obstacle à un large engagement commercial et diplomatique américain ». La Guinée Équatorial est le quatrième exportateur africain de pétrole, grâce notamment aux investissements des compagnies américaines Chevron, Marathon Oil et Noble Energy.
L’actuel ambassadeur américain à Malabo semble aussi sur la même ligne de grande indulgence pour cette dictature nourrie aux pétrodollars, dénonce le New York Times : un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks estimait en 2009 qu’il était temps « d’abandonner la posture morale » et minimisait la corruption de ce charmant régime.
Malgré les « formations aux droits de l’homme » délivrées par les conseillers américains, la torture reste « systématique » dans les geôles de Guinée équatoriale, rappelle le New York Times, citant opposants et défenseurs des droits de l’homme. Freedom House a classé la Guinée Équatoriale parmi les « pires des pires » régimes au monde, aux côtés de la Libye, du Turkménistan ou de la Birmanie. Depuis que le pétrole y est exploité, c'est-à-dire ces vingt dernières années, la mortalité infantile s'est encore aggravée, a aussi constaté la Banque mondiale.
Source Great America


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