DSK ou le choc des cultures
Par Yves Boisvert
Extrait
Quand il s'agit d'un procès criminel, mieux vaut être accusé dans les systèmes de droit anglo-saxons qu'en France.
La « vraie » présomption d'innocence, c'est-à-dire l'obligation qu'a l'État de démontrer hors de tout doute la culpabilité d'un accusé, cette pierre angulaire de la justice criminelle britannique, est beaucoup mieux protégée par toute une série de garanties procédurales, avec les dérives que cela comporte ici (Canada)comme aux États-Unis.
Il suffit de suivre un procès en France pour s'en convaincre : le droit au silence n'existe pas, le droit à l'avocat lors de l'arrestation est quasi inexistant, l'exclusion de preuves obtenues illégalement ne se compare pas, etc.
Pendant que la classe politique française s'indigne du traitement réservé à DSK devant la justice américaine, on semble oublier la nature -très sérieuse - des sept chefs d'accusation qui pèsent sur lui. Ils ne sont pas prouvés, certes, mais il ne s'agit pas d'une vague rumeur au sujet d'une «affaire de moeurs ».
Des médias français tentent maintenant de savoir qui est la victime présumée, diffusent des photos, avancent des noms...
Toutes choses impensables dans la presse nord-américaine, où l'identité des plaignantes dans les affaires d'agression sexuelle est strictement protégée -sauf divulgation volontaire. Comme en France, d'ailleurs. On se demande pourquoi on appliquerait des critères différents pour une affaire étrangère.La justice américaine a bien des défauts, elle ne manque pas de pulsions populistes. Mais on serait bien en peine de lui reprocher son comportement jusqu'à maintenant dans ce dossier.
« Equal Justice Under the Law », peut-on lire sur le fronton de la Cour suprême américaine. Et ils y croient.
Cela veut dire entre autres choses que, tout puissant et superbe qu'il soit, DSK sera traité par ses accusateurs comme n'importe quel pusher du Bronx -mais avec un budget de défense substantiel.
Source Cyberpresse
Oublier la théorie du complot, même si ça sert les intérêts de notre p'tit Sarko...DSK n'est pas la victime...et la victime ne dispose pas du budget de DSK.


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