Yves Boisvert
Les gens lisent trop de romans d'espionnage. Ou bien c'est moi qui n'en lis pas assez.
Les Français, en majorité, croient à un complot contre Dominique Strauss-Kahn.
Bon, ça, c'est normal, n'allez pas blâmer l'opinion publique hexagonale. La politique française est un nid d'intrigues et de complots.
S'il y a un endroit en Occident où les thèses « conspirationnistes » peuvent s'appuyer sur un fondement historique, c'est bien en France, pays qui a connu l'écoute électronique massive du président de la République, affaires et contre-affaires, Clearstream et autres coulages de bateau écologistes...
Mais vous, lecteurs raisonnables, vous voilà en train d'échafauder des scénarios de subornation de témoins? Je ne compte plus ceux qui me disent que l'accusé va « acheter le silence » de la plaignante.
* * *
Soyons sérieux un instant. Pensez-vous vraiment que Dominique Strauss-Kahn soit en position de soudoyer qui que ce soit?
L'homme est en prison, sous les regards des médias du monde entier. La plaignante est maintenant nommée allègrement (et sans vergogne) dans les grands médias européens, contrairement aux lois et aux principes reconnus en matière de protection des victimes d'agression sexuelle.
Il n'y a que son groupe sanguin qu'on ne nous a pas communiqué, mais ça ne saurait tarder, je suppose...
Comment croire que DSK irait faire un arrangement financier alors même que le grand jury est sur le point de l'accuser formellement de crimes graves?
Les gens riches et puissants qui font ces choses-là les font avant que des accusations soient portées. Par exemple feu Michael Jackson, qui a versé quelques millions aux parents de certains de ses jeunes invités. Ce genre d'arrangement, qui oscille entre le chantage et l'entrave à la justice, est généralement accompagné de documents soigneusement rédigés. Le but est précisément d'éviter la publicité, le scandale et la justice.
Une fois l'accusation portée, il est trop tard. Il faudrait être fou pour tenter de proposer à la plaignante une valise d'argent. Ce serait clairement un acte criminel, commis au moment même où les journalistes scrutent toute l'affaire.
Si la plaignante change sa version subitement et innocente l'accusé, on se demandera pourquoi. Et elle risquerait à son tour d'être accusée d'avoir fait une fausse déclaration, de s'être parjurée et d'avoir déclenché une enquête bidon.
Oubliez ça.
L’Intégrale sur Cyberpresse

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