Le jour du Souvenir palestinien la Nakba
par Martine et Chokri Boussetta
Cette catastrophe prend d’abord les formes de la légitimité internationale lorsque l’O.N.U. adopte, le 29 novembre 1947, la Résolution 181, instituant la partition de la Palestine, partition refusée par les Palestiniens, parce qu’injuste : 56 % du territoire palestinien est attribué aux Juifs, qui constituaient moins du tiers de la population et possédaient jusque-là à peine 7 % des terres.
Cette catastrophe, c’est aussi la destruction, entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, avec ses 250 habitants massacrés par les forces militaires juives.
Cette catastrophe, enfin, c’est 800 000 Palestiniens expulsés de leurs terres sans que leur droit au retour soit encore reconnu dans les faits. Chassés de leurs terres et niés de tous, les réfugiés (environ 5 millions) attendent toujours de retourner chez eux.
La Nakba, comme politique d’anéantissement du peuple palestinien n’a en fait jamais cessé : en témoignent les massacres de Qibia en 1953, l’annexion pure et simple de Jérusalem-Est, de Gaza et de la Cisjordanie en 1967, les crimes contre l’humanité dans les camps palestiniens au Liban en 1982, à Jenine en 2002, à Rafah en 2004, à Beit Hanoun en 2006. Depuis septembre 2000, 4700 Palestiniens ont été tués, dont 956 enfants.
La catastrophe continue aujourd'hui. Le vol de la terre se poursuit, notamment en Cisjordanie et au Naqab. L’épuration ethnique est partout une réalité, principalement à Jérusalem, dans le Naqab et dans la Vallée du Jourdain. La répression est quotidienne. Chaque jour, plusieurs dizaines de Palestiniens sont kidnappés et torturés. Il y a déjà 10000 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes. Outre l’apartheid qu’ils subissent quotidiennement, la pression s’accentue aussi sur les Palestiniens de 48 (ceux qui sont restés chez eux à la création de l’État sioniste en 1948). Plusieurs villages ont été détruits et des responsables politiques sont menacés d’expulsion. Et pour gagner du temps et mettre les Palestiniens devant le fait accompli, la politique sioniste se drape d’un discours pacifiste et d’une prétendue volonté de négociation.
Bien sûr, cette stratégie est mise en oeuvre avec la bénédiction et le soutien des États-Unis, de l’Europe, de la France et des régimes arabes. Elle s’accompagne d’un chantage à l’antisémitisme afin de bâillonner tout soutien au peuple palestinien.
Depuis la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006, cette politique se fait encore plus odieuse : il s’agit d’obtenir la reddition du peuple palestinien en le soumettant à un blocus économique qui le prive de ses ressources financières et des biens de première nécessité. Pourtant, les nouveaux dirigeants politiques et l’ensemble de la résistance ne se sont pas pliés à l'odieux chantage de la dictature coloniale israélienne et des puissances occidentales qui exigeaient la cessation de la résistance armée et la reconnaissance de l’État d’Israël, c'est-à-dire de la force occupante qui, elle, n’a jamais reconnu la Palestine.
Bien au contraire, et en dépit des conditions de vie de plus en plus difficiles, le peuple palestinien soutient toujours ses dirigeants qui, dans le cadre d'un futur gouvernement d’union nationale, comptent poursuivre la résistance jusqu’à la libération de leur pays. En lançant l'autre fois, des dizaines de roquettes, les fractions de la résistance ont voulu signifier à l’occupant leur capacité à mettre œuvre leur stratégie. Israël ne connaît que le langage de la force. Il n’a jamais respecté les trêves conclues et n'a fait que perpétrer des crimes de tout genre. Face à cette politique, les Palestiniens n’ont d’autres choix que celui de la résistance.
Dans cette voie nous faisons confiance au peuple palestinien et à sa capacité de résistance. L’Histoire est de son côté comme elle est du côté de tous les peuples qui résistent.
Aujourd’hui il y a deux voies possibles : il y a celle de la résignation et de la soumission à un ordre mondial injuste et meurtrier et il y a celle de la résistance et de la solidarité entre les peuples. En Palestine occupée, le peuple palestinien est toujours debout, uni depuis, maintenant jour pour jour, soixante-trois ans contre l’infernale machine de guerre coloniale israélienne. Ils ont besoin de notre soutien même par le simple fait de rompre le silence et de joindre sa voix à celle des libres pensées à travers le globe qui réclame haut et fort : IL EST TEMPS DE METTRE FIN A LA PLUS GRANDE INFAMIE ET INJUSTICE DES TEMPS MODERNES!




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