lundi 7 mars 2011

Manifestants attaqués en Égypte (vidéo)

Des hommes en civil armés d'armes blanches et de cocktails Molotov s'en sont pris hier soir au Caire à des manifestants qui réclamaient une réforme de la Sécurité centrale égyptienne, connue pour ses méthodes brutales, ont rapporté des témoins.

Des dizaines d'hommes brandissant des couteaux ou des machettes, lançant des briques et des cocktails Molotov, ont attaqué les contestataires devant le siège de la Sécurité centrale dont les abus ont, selon ces derniers, contribué au mouvement qui a causé la chute d'Hosni Moubarak.

C'est apparemment la première fois que des hommes armés en civil se déploient en force contre des militants réformistes depuis le départ du président égyptien le 11 février. L'armée a, depuis, promis d'ouvrir la voie à des élections démocratiques.

Les scènes d'hier soir rappellent les attaques lancées sur la place Tahrir du Caire par des partisans de Moubarak lors du soulèvement populaire de 18 jours qui a entraîné la chute du raïs. Depuis lors, des militants insistent pour obtenir des réformes approfondies, dont un vaste remaniement de la police.



Intrusions en série

Des soldats égyptiens ont tiré des coups de feu en l'air durant plusieurs minutes pour disperser les manifestants. Alors qu'ils s'enfuyaient en courant, ceux-ci se sont heurtés à des hommes qu'ils ont qualifiés de « voyous ». Selon l'agence officielle Mena, les militants avaient tenté d'entrer de force à l'intérieur du bâtiment.

L'appareil de la Sécurité centrale, intégré au ministère de l'Intérieur, est accusé par ses adversaires de fonctionner comme un service d'espionnage intérieur.

Ses réseaux, très implantés dans la société, surveillent des citoyens et placent des lignes téléphoniques sur écoutes. Des mesures d'exception lui permettent d'agir contre les adversaires du gouvernement.

Ces deux derniers jours, des manifestants ont fait intrusion dans onze bureaux appartenant à l'appareil de la Sécurité centrale en divers points du pays, saisissant des documents qu'ils craignaient de voir détruire pour dissimuler des abus imputables aux services de police.

« L'armée s'est mise à tirer en l'air pour nous disperser », a dit Mohamed Fahmi. «Nous avons voulu nous enfuir en courant, mais sommes tombés de l'autre côté sur 200 voyous en civil qui portaient des armes tranchantes », a-t-il poursuivi en estimant à 2000 le nombre de manifestants. Fahmi a fait état de 15 blessés légers.

Un remaniement annoncé hier s'est traduit par la nomination de nouveaux ministres de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice, ce qui répond à certaines revendications des réformistes. Mais le remaniement de la sécurité égyptienne réserve d'autres difficultés aux nouvelles autorités.

Source Le Devoir

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