lundi 14 mars 2011

Libye : Sarkozy s’en va-t-en-guerre, mironton, mironton, mirontaine…

Gilles Munier

Nicolas Sarkozy, ci-devant Président de la République française, chef de ce qui reste des Armées, veut sa guerre. À la demande expresse du « philosophe », « tiers mondain », pro israélien, Bernard-Henry Lévy, il a reçu trois représentants du Conseil national intérimaire de transition libyen (CNT), une des tendances de l’opposition libyenne réfugiée à Benghazi. Et, à la stupeur de ses partenaires européens, il a reconnu le CNT comme « représentant légitime du peuple libyen », va envoyer un ambassadeur à Benghazi, et envisage d’effectuer des « frappes aériennes ciblées » sur des objectifs militaires tenus par les forces gouvernementales libyennes… si les Nations unies le décident. À dix jours des élections cantonales qui s’annoncent désastreuses pour son camp, il espère peut-être regagner des points sur Marine Le Pen, présidente du Front national, qui grignote des pans entiers de son électorat. Tant pis pour les dommages collatéraux prévisibles en Libye, les pertes militaires françaises, les effets déstabilisateurs en Méditerranée et pour l’image de la France dans le concert des nations. On se demande ce qu’Alain Juppé, nouveau ministre des Affaires étrangères, est allé faire dans cette galère…

L’interventionnisme français en Libye est un sale coup pour les révolutionnaires arabes qui veulent renverser les régimes liés aux États-Unis et/ou à Israël, et qui tiennent à ce que leur mouvement libérateur soit indépendant de toutes influences étrangères.

En jetant aux orties le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, Sarkozy donne raison à Mouammar Kadhafi qui n’en demandait pas tant. Nul doute que l’aventurisme élyséen sera perçu par beaucoup en Libye et dans le monde arabe, comme une résurgence du vieux colonialisme français. Une voie royale (pour ne pas dire califale) s’ouvre devant les partisans de l’Émirat de Barqa (Al-Qaïda en Libye), implantés dans l’ouest du pays depuis l’époque où Oussama Ben Laden résidait au Soudan, et qui sont très actifs dans les combats qui se déroulent actuellement. (Abou Yahya al-Libi, l'un des principaux théoriciens d'Al-Qaïda, a appelé les Libyens à «poursuivre leur révolte sans hésitation et sans peur contre Kadhafi. Le Parisien)

Sarkozy s’en va en guerre… ne sait quand reviendra*.

Source Géostratégie


« Aucune option n'est exclue », a réaffirmé lundi le ministère des affaires étrangères français, sans dire si un accord se dessinait sur un projet de résolution aux Nations unies, préalable à tout acte de guerre. Pour Paris, l'objectif est « d'aller très vite à l'ONU » avec un dépôt de projet de résolution au plus tôt, en étant « le plus large possible » dans sa formulation sur un recours à la force aérienne, sans focalisation sur une zone d'exclusion aérienne, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Lundi, la Turquie a réaffirmé son opposition à une intervention armée de l'OTAN, tandis que le premier ministre britannique David Cameron a indiqué que le Royaume-Uni s'associerait à une action militaire sur place, tout en affichant sa préférence pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne.

Source le Monde.fr

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