lundi 7 mars 2011

Intervenir en Libye

Selon l'analyse de Monsieur François Brousseau « ceux qui clament aujourd'hui, au diapason avec Fidel Castro et Hugo Chávez (ne sous-estimons pas l'influence de ce point de vue, ici même au Québec), que le grand danger en Libye, c'est l'OTAN et l'impérialisme qui veulent y mettre leurs grandes pattes, on peut répondre que «l'impérialisme» avait déjà largement pactisé avec Kadhafi. Et qu'aujourd'hui, ses acteurs financiers et économiques se trouvent dépassés, dépités par la guerre qui fait rage en Libye... » (Le Devoir)

Et c'est là monsieur Brouseau tout le problème. Les impérialistes européens sont présents sauf les États-Unis. Les compagnies américaines ne possèdent rien en Libye et l'occasion est propice pour eux de soutenir un mouvement, dont on ne connaît pas les acteurs, mais qui va, mettre l'Europe dans l'embarras (ce qui est déjà fait et explique son inertie)... Vous semblez oublier qu'il existe une lutte entre les impérialistes pour le contrôle de l'approvisionnement en Pétrole. Une raison de plus sur la précarité des positions de l'OTAN...

Et quand vous affirmez que « l'OTAN et les impérialistes... ne veulent pas mettre les pieds en Libye » vous vous trompez royalement, car ils ont déjà un pied en Libye... « Le Britannique BP, Total (France). l'italien ENI qui revendique la place de producteur étranger numéro un dans le pays avec 244 000 barils par jour, la compagnie norvégienne Statoil et les Allemandes Wintershall et RWE Dea, filiale pétrole et gaz du groupe d'énergie RWE. »

Il ne manque que les États-Unis et c'est une des raisons invoquées par des gens comme Castro, Chavez qui en appelle à se méfier des gros sabots... et ils n'ont pas tort. Les luttes que se livrent les différents pays impérialistes ne se déroulent pas toujours à la vue du grand public, mais dans les coulisses, chacun essayant d'en tirer les ficelles pour mieux se répartir les richesses. Ce qui explique encore une fois leur inertie. Prendre parti pour un camp ou un autre ne résoudra pas le problème du peuple libyen qui doit rester seul maitre d'oeuvre de cette révolution si on assiste vraiment à une révolution, car derrière cette agitation fort louable se cache aussi celle d'une revanche de clan et une lutte de pouvoir... Il ne faudrait pas oublier que cette agitation provient d'une région où le pétrole coule à flot et que certains (comprendre compagnies) ont intérêt à semer la pagaille.

Les mouvements qui agitent les différents pays arabes malgré les apparences ne sont pas tous sur le même diapason...

En Tunisie tout comme en Égypte, on procède méthodiquement pour empêcher toute dérive dans un camp qui nuirait aux politiques des grandes puissances. Malgré le mot d'ordre de démocratie, rien n'est joué. La Libye est une épine et les grandes puissances aimeraient bien la voir disparaitre... et l'enjeu est de taille.

Il ne faut jamais perdre de vue que nos amis impérialistes se préoccupent des droits de la personne seulement là où il y a des ressources importantes. L'Afghanistan malgré son désert de montagne cache des centaines de minéraux dont nous avons besoin. Penser seulement qu'au lithium nécessaire dans la fabrication de batteries qui alimente nos cellulaires, nos ordinateurs....

En conclusion, la morale et l'éthique des impérialistes se manifestent seulement là où nous convoitons ou contrôlons d'énormes richesses, ne soyons pas dupes.

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