lundi 29 novembre 2010

WikiLeaks met la diplomatie à nu

Cinq quotidiens internationaux entament la publication du contenu de près de 250 000 documents diplomatiques américains transmis par le site WikiLeaks. Les documents, mis en ligne de façon progressive, révèlent notamment que l'Arabie saoudite pressait Washington d'attaquer l'Iran par crainte de son programme nucléaire.

Vous pouvez accéder à la base de données de WikiLeaks en cliquant ici : cablegate.wikileaks.org.

Si vous trouvez des documents pertinents relativement aux relations canado-américaines, envoyez-nous un courriel détaillé à l'adresse suivante : temoin@radio-canada.ca.

Le fonctionnement des câblogrammes

Les câblogrammes américains - c'est le terme technique pour décrire les documents télégraphiques transmis par câble - sont transmis via le Secret Internet Protocol Router Network. Il s'agit d'un réseau Internet militaire qui est géré par le département américain de la Défense. Il fonctionne indépendamment du réseau Internet civil. Les documents ultrasecrets ne passent cependant pas par ce réseau, ce qui explique pourquoi de grands secrets d'État n'ont pas été dévoilés lors de cette fuite.

Des sujets de toutes sortes

Le quotidien américain New York Times annonce sur son site web que plusieurs articles seront publiés sur divers sujets dont :

•des discussions américano-pakistanaises sur le retrait d'uranium pakistanais enrichi;
•des discussions sur l'éventuelle réunification des deux Corées dans l'éventualité où le pouvoir nord-coréen s'effondre;
•des négociations avec la Slovénie, la Belgique et la Kiribati, un petit État de la Micronésie, autour du transfert de prisonniers de Guantanamo;
•des allégations de corruption relativement au vice-président afghan (il s'est rendu aux Émirats arabes unis avec 52 millions de dollars américains en argent comptant);
•une cyberattaque de Pékin envers les serveurs chinois de Google;
•des alliés hésitants dans la guerre au terrorisme;
•une intrigante alliance entre Vladimir Poutine et Silvio Berlusconi;
•la livraison d'armes par la Syrie à la branche libanaise du Hezbollah;
•des discussions avec l'Allemagne afin que Berlin ne porte pas d'accusations contre des agents de la CIA qui n'ont pas respecté les droits d'un Allemand. L'homme, sur l'identité duquel la CIA s'était trompée, a été kidnappé et retenu contre son gré en Afghanistan pendant plusieurs mois.

On sait cependant que des 251 287 documents reçus, plus de 2000 proviennent du Canada.

•Ambassade canadienne : 1948
•Consulat de Toronto : 145
•Consulat d'Halifax : 136
•Consulat de Montréal : 82
•Consulat de Québec : 52
•Consulat de Vancouver : 44
•Consulat de Calgary : 14

Source Radio Canada

Comment WikiLeaks plonge dans le secret des États

Créé en 2006, WikiLeaks (de « wiki », site participatif et « leaks », « fuites » en anglais) est au monde du renseignement ce que Wikipédia est à celui de l’encyclopédie. Un site qui divulgue, toujours de façon anonyme, des documents gardés secrets par des gouvernements, des régimes autoritaires, des administrations ou grandes entreprises.

Le site s’appuie sur un réseau d’internautes de tous horizons, du dissident chinois ou iranien au mathématicien en passant par des experts en renseignement militaire ou économique. Leur mission : décortiquer et analyser les documents qui leur parviennent avant de les crypter de manière à ne pas pouvoir identifier les « taupes » à l’origine des fuites.

Plusieurs millions de documents, souvent embarrassants pour ceux qui les gardaient précieusement jusque-là, ont été mis à la disposition du grand public : preuves de blanchiment d’argent pour une grande banque suisse en 2008 ou encore l’intégralité du procès Dutroux en 2009. La divulgation cet été des War Logs — plusieurs dizaines de milliers de documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan — provoque la panique du gouvernement américain et offre à WikiLeaks sa première exposition médiatique mondiale.

Son porte-parole et présumé fondateur, Julian Assange, devient l’homme « à abattre ». Cet informaticien australien de 39 ans, qui ambitionne de transformer WikiLeaks en « organe de renseignement le plus puissant au monde », adore jeter de l’huile sur le feu. À chaque « livraison », il n’hésite pas à offrir des révélations en avant-première à plusieurs quotidiens (« The New York Times » aux États-Unis, « Der Spiegel » en Allemagne, ou « The Guardian » en Angleterre) la veille de la publication sur Internet. Depuis cet été, Julian Assange est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour des accusations de viol et d’agression sexuelle en Suède, pays où il avait choisi de résider pour profiter de sa législation très protectrice pour les journalistes. Hier, lors d’une conférence de presse vidéo, Assange a refusé d’indiquer dans quel endroit du monde il se trouvait désormais.

Source Le Parisien

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