lundi 22 novembre 2010

Le « voyou » et le « parrain »

Par Gil Courtemanche
Extrait

Parler, exprimer sa colère ou son indignation, interpeller l'adversaire, qualifier fortement son comportement ou ses turpitudes deviennent au Québec des exercices périlleux. Il faut, avant de parler ou d'écrire, consulter dictionnaire, manuel de rectitude politique et guide des bonnes manières. Quand on pense que le placide président de l'Assemblée nationale interdit de qualifier de «girouette» un député qui change quarante fois d'idée, on se rend compte qu'au Québec, c'est quatorze fois qu'il faut tourner sa langue dans la bouche avant de parler. À moins qu'on ne craigne ni l'expulsion ni la mise en demeure ou la poursuite en diffamation.

Pierre Karl Péladeau réclame 700 000 $ en dommages moraux et exemplaires à Sylvain Lafrance, de Radio-Canada, qui l'aurait traité de «voyou»...... Pourtant, c'est bien en «voyou», en «casseur» ou en «hooligan», deux mots synonymes de «voyou», que s'est comporté le président de Quebecor en annonçant brutalement le retrait de Vidéotron du Fonds canadien de télévision dans le but évident d'en provoquer la mort.

Dans une famille, le parrain est surtout l'homme qui fait des cadeaux et récompense les favoris ou ceux qui ont bien mérité de la famille.

Bien sûr, pour que la famille prospère et ne soit pas inquiétée par la rumeur ou la médisance, le parrain doit veiller au grain et ne sanctionner l'intolérable qu'en cas d'un manquement grave ou d'une ineptie d'un membre un peu trop gourmand de la famille.

Source Le Devoir

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