jeudi 11 novembre 2010

Le Bloc Québécois noue des liens avec le parti de Sarkozy

Avec le temps on dit que les gens se ramollissent, serait-ce le cas de Monsieur Duceppe?

Près de deux ans après la sortie équivoque de Nicolas Sarkozy sur les relations de son pays avec le Canada et le Québec, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a annoncé mercredi qu'il établira des relations officielles avec le parti de droite du président français, l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

« Ce matin, Xavier Bertrand [secrétaire général de l'UMP] a proposé qu'on officialise les relations entre l'UMP et le Bloc québécois, ce que nous acceptons, bien sûr », a expliqué M. Duceppe à l'occasion de sa tournée européenne visant à faire la promotion de la souveraineté. « Il y aura donc des relations permanentes avec l'UMP. C'est tout à fait nouveau, ça ne s'est jamais produit », a-t-il ajouté.

Lors d'une cérémonie en février 2009, le président français avait évoqué un parti pris en faveur d'Ottawa qui avait fait bondir les souverainistes. « Pour vous aimer, je n'ai pas besoin de détester les voisins », avait-il dit, ajoutant que ceux qui ne comprennent pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».

Nicolas Sarkozy avait auparavant affirmé que la politique de non-ingérence, non-indifférence « n'était pas son truc ». Ces propos qui avaient été interprétés par plusieurs comme une rupture de Paris avec la position longtemps défendue par la diplomatie française au nom de l'amitié avec le Canada.

Gilles Duceppe a minimisé, mercredi, la portée de ces déclarations du chef de l'Élysée : « M. Sarkozy m'a écrit par la suite en disant que, de tout temps [...] le Canada était son ami et le Québec, sa famille ».

Le chef du Bloc a toutefois estimé que la politique de non-ingérence, non-indifférence était la bonne. « La formule me convient tout à fait. C'est la meilleure », a-t-il jugé. Il s'est félicité que le Parti socialiste, principal parti d'opposition, ait inscrit à son programme de politique étrangère un retour à cette position longtemps défendue par la diplomatie française en vue de la présidentielle de 2012.

« Il y aura des relations de parti à parti avec le PS », a ajouté M. Duceppe, estimant que « quand on veut des relations de parti à parti, c'est qu'il y a un intérêt ».

Gilles Duceppe avait amorcé sa croisade pour la souveraineté à l'étranger avec un voyage à Washington. Demain, il sera à Strasbourg pour s'entretenir avec le secrétaire général du Bureau du Conseil de l'Europe. Le chef bloquiste visitera enfin la Catalogne et l'Écosse, deux nations qui ont, selon lui, des préoccupations similaires à celles du Québec.

Comme lors de son séjour en sol américain, le chef bloquiste expliquera que la souveraineté du Québec n'est pas écartée parce que le Parti québécois pourrait prendre le pouvoir aux prochaines élections et que le Bloc est aussi en bonne position dans les sondages.

Source Radio Canada

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