mardi 7 septembre 2010

Le Canada est devenu un allié militaire d'Israël

Par Normand Lester

Le ministre d’État des Affaires étrangères (Amériques) du Canada, Peter Kent est en Israël jusqu’au 8 septembre pour des discussions au sujet de l’Amérique latine. Qu’est-ce qu’on a à discuter avec Israël de cette question, vous demandez-vous? C’est qu’Ottawa est devenu un partenaire diplomatique d’Israël dans cette région du monde. Vous ne savez sans doute pas que le Canada représente les intérêts israéliens au Venezuela et à Cuba, des pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël.

Pendant des décennies, tout en se considérant un ami d’Israël, le Canada dans les forums internationaux votait selon certains principes et dans un souci d’équilibre et de justice dans le conflit israélo-arabe. Depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper, le Canada a abandonné sa réserve du passé pour devenir un allié aussi inconditionnel d’Israël que les États-Unis qui défendent Israël comme s’il était le 51e État de l’union.

Quelques mois après leur prise du pouvoir des Conservateurs se sont portés à la défense d’Israël lors de son incursion au Liban à l’été de 2006. Le premier ministre Harper est même allé jusqu’à affirmer que l’attaque israélienne constituait une « riposte mesurée » alors que le reste de la planète dénonçait comme crimes de guerre les plus de mille civils tués et la destruction des infrastructures libanaises. L’intervention de Harper lui a cependant valu l’éloge du B'nai Brith et, en remerciement pour services rendus, la Conférence des présidents de grandes organisations juives américaines, lui a décerné la toute première édition de son prix de leadership international.

Quand l’année dernière, l’assemblée générale de l’ONU a accepté par 114 voix contre 18 le rapport du juge Richard Goldstone condamnant sévèrement Israël pour avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité » le Canada a voté pour Israël avec les États-Unis et une série de pseudo États téléguidés par Washington comme les îles Marshall, la Micronésie, le Nauru, Palau, le Panama et la Macédoine. La France et la Grande-Bretagne, qui ne sont pas particulièrement hostiles à Israël, se sont abstenues.

En février dernier, sans que cela fasse les manchettes, un membre important du gouvernement Harper, le ministre d’État des Affaires étrangères Peter Kent, est allé encore plus loin dans le soutien inconditionnel à Israël en évoquant dans la publication « Shalom Life » un éventuel soutien militaire canadien à Israël : « Le Premier ministre Harper dit cela très clairement depuis un certain temps, et il déclare régulièrement qu’une attaque contre Israël serait considérée comme une attaque contre le Canada ».

Dans une entrevue au Globe and Mail, Kent en a rajouté, soulignant que même si le Canada n’avait pas de traité comme le Pacte de l’OTAN avec Israël, qu’il fallait prendre cette déclaration au sérieux, affirmant que nous sommes un allié de l’État juif.

Disons que ce n’est pas par pur hasard que Peter Kent est l’homme de pointe d’Israël au sein du gouvernement. Il représente Thornhill en banlieue de Toronto, une circonscription à 50 % juive qu’il a prise aux libéraux. L’un des objectifs stratégiques de Harper pour maintenir les conservateurs au pouvoir est de ravir au PLC le soutien de l’influente communauté juive canadienne.

Seul l’intérêt politique des Conservateurs explique cet engagement envers un État qui est considéré par l’immense majorité des membres de l’ONU comme un pays qui bafoue le droit international et qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Faire de ce pays, impliqué dans des guerres sans fin, un allié militaire relève de la folie. Le soutien inconditionnel que nous apportons à Israël va simplement nous placer plus haut sur la liste des cibles prioritaires du terrorisme islamique en général et de l’organisation al-Qaeda en particulier. Merci Stephen Harper!

Source Yahoo Québec

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