mercredi 15 septembre 2010

Arabie Saoudite, méga contrat d'armement américain

Pour contrer la menace iranienne, Riyad veut acheter 60 milliards de dollars d'armements

La facture est colossale. L'Arabie saoudite envisage d'acheter à Washington jusqu'à 60 milliards de dollars (46,20 milliards d'euros) d'armements. Si le Congrès l'approuve, ce sera la plus grosse vente d'armes de l'histoire américaine.

D'après les médias américains, la liste saoudienne est impressionnante : 84 chasseurs F-15, dernier modèle, plus la rénovation de 70 F-15 S, la version d'attaque au sol, achat de 72 hélicoptères lourds Black Hawk dont les Saoudiens possèdent déjà 22 exemplaires, 60 hélicoptères antichars Apache Longbow, et 36 hélicoptères légers Little Bird.

L'Arabie saoudite souhaite également rénover ses 96 missiles antimissiles Patriot et pourrait les compléter par le système Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), destiné à intercepter des missiles balistiques à court et moyenne portée, dans l'atmosphère et au-dessus. En outre, Washington envisage de vendre à Riyad des navires de guerre antimissiles.

Selon un expert de défense saoudien, sous couvert de l'anonymat, « C'est un gros contrat, car nous avons besoin de moderniser l'ensemble de nos forces armées. Nous avons besoin de garantir notre sécurité et celle de nos alliés. »

Le méga contrat « nous engage pour les 10 à 15 prochaines années dans une étroite coopération de défense », a souligné l'expert saoudien.

L'administration de Barack Obama doit soumettre au Congrès ce contrat, évoqué depuis 2007 sous celle de son prédécesseur George W. Bush qui a oeuvré pour vendre des armes à ses alliés arabes du Golfe afin de contrer l'Iran.

Avec ses 70 avions de chasse F-15, à moderniser en vertu du contrat, ainsi que les 80 avions de combat Tornado et les 72 Typhoon Eurofighters en cours de livraison, le royaume dispose déjà d'une supériorité aérienne, selon Theodore Karasik de l'Institute for Near East and Gulf Military Analysis à Dubaï.

« L'armée de l'air iranienne n'est pas très efficace. Je pense que les Saoudiens ou les Émirats arabes unis pourraient les battre facilement », selon lui.

Pour Karasik, le contrat devrait aussi remédier aux faiblesses apparues pendant l'offensive de l'armée saoudienne fin 2009/début 2010 contre les Houthistes yéménites à la frontière avec le Yémen, où l'armée saoudienne a déploré au moins 109 morts.

Selon lui, la possible acquisition par Riyad d'hélicoptères d'attaque, de bombes intelligentes à guidage JDAM et d'équipements de combat de nuit devrait renforcer ses capacités dans ce genre de conflit.

Les Saoudiens veulent aussi acheter des drones équipés de missiles, comme le Predator utilisé par l'armée américaine en Afghanistan, une perspective peu probable, a indiqué un autre analyste qui a requis l'anonymat.


« Israël » pour sa part, qui n'entretient pas de relations avec Riyad, ne devrait pas considérer ce contrat comme une menace.( Lire «L’Etat Juif, Roi des drônes »)

Pour Yiftah Shapir, un expert militaire de l'Institute for National Security Studies à l'université de « Tel-Aviv », « ce contrat n'est pas une réelle menace pour Israël. Nous devons comprendre que ce contrat est dirigé contre l'Iran et que cette fois-ci, Israël et l'Arabie saoudite sont du même côté", a-t-il assuré.

Source Le Figaro et La voix des opprimés

Lire : Israël est le roi des drones, avions sans pilote Le Point.fr

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