vendredi 27 août 2010

La CIA paye des membres du gouvernement afghan

Rien de nouveau de la part de La CIA. Dans les années 1950, l'Iran était la cible tout comme aujourd'hui. Le Chili dans les années 1970, l'Argentine, l'Uruguay... Le Vietnam, le Nicaragua, sans oublier l'Irak... maintenant l'Afghanistan...


Des membres du gouvernement afghan payés par la CIA
Kimberly Dozier
Associated Press
Washington

Plusieurs membres du gouvernement afghan sont sur la liste de paie de la CIA, une pratique qui permet à l'agence américaine de renseignement de se tenir au courant des différentes factions au sein de l'administration afghane, selon des responsables américains.

Ces responsables ont confirmé à l'Associated Press les allégations voulant que l'agence ait versé des sommes d'argent pour entretenir des sources de renseignement au sein du gouvernement afghan, une pratique qui soulève des inquiétudes alors que les États-Unis tentent de combattre la corruption dans ce pays.

Le quotidien New York Times a rapporté que l'agence paie Mohammed Zia Salehi, chef de l'administration du Conseil de la sécurité nationale de l'Afghanistan, pour obtenir des informations. Le Washington Post a aussi publié cette information.

M. Salehi est accusé d'avoir accepté une voiture en échange de son aide afin de faire pression sur des responsables afghans pour qu'ils laissent tomber un autre cas de corruption.

Les États-Unis ont déjà dit qu'ils considéraient l'arrestation de M. Salehi comme un test de la volonté du président Hamid Karzaï de réformer son gouvernement. Mais le fait qu'il ait reçu des paiements de l'agence américaine d'espionnage démontre la relation complexe que Washington a développée avec le gouvernement afghan.

Un porte-parole de la CIA, George Little, n'a pas voulu confirmer ou infirmer l'information, indiquant seulement que les spéculations à ce sujet étaient dangereuses et contre-productives.

La CIA a mis plusieurs responsables afghans sur sa liste de paie au cours des années, selon Ali A. Jalali, ancien ministre afghan de l'Intérieur de 2003 à 2005 et maintenant professeur à la National Defence University, à Washington. Selon lui, l'agence s'est profondément impliquée en Afghanistan depuis des décennies, et il serait donc naturel que la CIA ait des relations à long terme avec plusieurs responsables afghans.

Selon M. Jalali, il est peu probable que le président Karzaï soit surpris que M. Salehi soit sur la liste de paie de la CIA. « Quand Karzaï combattait les talibans, il était soutenu par l'agence » lui aussi, a dit l'ancien ministre.

Quatre anciens hauts responsables du renseignement américain ont affirmé, sous le couvert de l'anonymat, que c'était une pratique courante pour l'agence de développer des sources de renseignement au sein de gouvernements étrangers fragiles ou hostiles.

L'un de ces responsables a affirmé que de 2003 à 2004, la CIA comptait «le tiers du premier gouvernement de coalition irakien sur sa liste de paie ».

« L'une des premières choses que nous avons tenté de faire quand nous sommes arrivés en Irak a été d'acheter la loyauté des anciens membres du parti Baas, pour qu'ils ne se battent pas contre nous. On achète le “leadership”, a dit ce responsable.

Source La Presse


Les Guerres secrètes de la CIA : La Démocratie clandestine À Lire

*Instaurer la Démocratie sur l’ensemble des continents a été le grand fantasme des Etats-Unis depuis la Deuxième Guerre mondiale, et la CIA l’épicentre de toutes les initiatives de la politique étrangère américaine. Les guerres secrètes menées par l’agence ont été l’élément crucial, indispensable et majeur de ces soixante dernières années. Les buts ont-ils été atteints ? John Prados répond et nous livre des interprétations radicalement nouvelles d’opérations célèbres qui ont eu pour théâtres l’Iran, le Guatemala, le Chili et la baie des Cochons ; mais aussi d’interventions moins connues au Tibet et en Angola et d’autres totalement inédites en Guyane et au Ghana. Sa présentation de certaines activités plus récentes, en Somalie, en Bosnie et en Irak, remet les pendules de l’Histoire à l’heure, sans jamais perdre de vue les objectifs de la politique étrangère américaine

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