mardi 11 mai 2010

Manifestation à Haïti contre le gouvernement Préval

Les Haïtiens craignent une dérive autoritaire
Par Malorie Beauchemin

(Port-au-Prince) Le Parlement haïtien a mis fin à ses travaux, hier, dans l'incertitude et la contestation. Dans la cacophonie, et sans l'opposition, le Sénat a adopté le critiqué projet de loi qui permet au président René Préval de prolonger son mandat, alors que dans la rue, des milliers d'Haïtiens manifestaient leur mécontentement.

«Préval sait très bien qu'il n'a pas le droit de violer la Constitution. Il voulait finir son mandat, mais il ne peut pas faire n'importe quoi», a lancé Joël Émile, furieux.

Conseiller spécial pour une organisation progressiste, il est venu dénoncer un président qu'il juge «à la solde des Blancs».

«Avec Préval, le chômage a augmenté, et plus de chômage veut dire plus de criminalité, plus de délinquance et plus de criminalité», a-t-il conclu.

Au son de la musique, les enfants ont brandi des affiches à l'effigie de l'ancien président haïtien, exilé depuis le coup d'État de 2004, sur lesquelles on peut lire: «Aristide, nous t'attendons».

«Nous voulons que Jean-Bertrand Aristide soit réadmis au pays, comme simple citoyen, pour qu'il participe à la reconstruction de son pays», explique Jean-Claude Pierre, croisé à quelques jets de pierre du Palais national en ruine, en face de la place du Champ-de-Mars, transformée depuis bientôt quatre mois en un immense camp de déplacés.

Il s'agissait de la plus grande importante manifestation depuis le séisme du 12 janvier, qui a ravagé le pays, tué près de 250 000 morts et laissé plus d'un million de personnes déplacées.

La police nationale haïtienne était aux aguets, et même l'armée américaine surveillait le déroulement des choses du haut des airs, en hélicoptère.

On rapporte quelques coups de feu tirés, tandis que les forces de l'ordre ont quant à elles lancé des gaz lacrymogènes afin de contrôler la foule.

Les opposants au président Préval lui reprochent de ne pas en faire assez depuis la catastrophe, et d'utiliser maintenant la crise pour se maintenir au pouvoir. Suite de l'article La Presse

Source La Presse

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