Par Hélène Buzzetti
Ottawa — Est-il possible de critiquer le gouvernement de Stephen Harper lorsqu'on empoche des subventions fédérales? Les groupes de femmes en sont venus à croire que non, alors qu'Ottawa vient de couper les vivres à plusieurs d'entre eux. Comme par hasard, ces groupes avaient dénoncé le refus des conservateurs de financer l'avortement à l'étranger.
Depuis deux semaines, au moins 12 groupes de femmes ont vu leur financement d'Ottawa aboli. Du lot, on compte le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT) et le Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec. Dans la presque totalité des cas, les groupes ont été pris par surprise par le non-renouvellement de leur financement, les fonctionnaires n'ayant fourni aucun indice préalable.
«Ces coupes sont motivées par l'idéologie», soutient Kim Bulger, la directrice générale de Match, un autre des groupes touchés. «Jusqu'à vendredi dernier, les fonctionnaires nous disaient que nous allions obtenir le financement. C'est au bureau de la ministre que ç'a bloqué.»
Match recevait de l'argent de l'ACDI depuis 34 ans pour éduquer les femmes dans les pays en voie de développement. Le non-renouvellement de sa subvention d'environ 400 000 $ a été confirmé vendredi après-midi. L'organisme tenait le jour même une table ronde sur l'initiative conservatrice en santé maternelle, laquelle a été dénoncée par les participantes.
Selon Mme Bulger, il ne fait aucun doute que tous ces groupes sont étranglés à cause de la tenue au Canada, en juin, de la réunion du G8. Stephen Harper a voulu faire de la santé maternelle le projet-signature de sa présidence, mais il a aussi décidé que l'avortement ne ferait pas partie de cette initiative. Cette décision, confirmée lundi après des semaines de tergiversations, a été unanimement critiquée par les groupes de femmes.
«Quand 12 groupes en deux semaines se font dire non, on ne peut pas ne pas penser que c'est réfléchi, qu'il y a un "pattern", qu'il s'agit d'une attaque contre les groupes de femmes et les groupes militants», lance Mme Bulger.
Elle se sent confortée dans sa thèse par le commentaire de la sénatrice conservatrice Nancy Ruth, tel que rapporté par le Toronto Star lundi. La sénatrice, elle-même pro-choix, a invité les groupes de femmes à «fermer leurs crisses de gueules» («shut the fuck up») d'ici la tenue du G8 pour ne pas tenter M. Harper à transformer l'avortement en enjeu électoral ici.
La suite ICI Le Devoir
Ottawa — Est-il possible de critiquer le gouvernement de Stephen Harper lorsqu'on empoche des subventions fédérales? Les groupes de femmes en sont venus à croire que non, alors qu'Ottawa vient de couper les vivres à plusieurs d'entre eux. Comme par hasard, ces groupes avaient dénoncé le refus des conservateurs de financer l'avortement à l'étranger.Depuis deux semaines, au moins 12 groupes de femmes ont vu leur financement d'Ottawa aboli. Du lot, on compte le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT) et le Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec. Dans la presque totalité des cas, les groupes ont été pris par surprise par le non-renouvellement de leur financement, les fonctionnaires n'ayant fourni aucun indice préalable.
«Ces coupes sont motivées par l'idéologie», soutient Kim Bulger, la directrice générale de Match, un autre des groupes touchés. «Jusqu'à vendredi dernier, les fonctionnaires nous disaient que nous allions obtenir le financement. C'est au bureau de la ministre que ç'a bloqué.»
Match recevait de l'argent de l'ACDI depuis 34 ans pour éduquer les femmes dans les pays en voie de développement. Le non-renouvellement de sa subvention d'environ 400 000 $ a été confirmé vendredi après-midi. L'organisme tenait le jour même une table ronde sur l'initiative conservatrice en santé maternelle, laquelle a été dénoncée par les participantes.
Selon Mme Bulger, il ne fait aucun doute que tous ces groupes sont étranglés à cause de la tenue au Canada, en juin, de la réunion du G8. Stephen Harper a voulu faire de la santé maternelle le projet-signature de sa présidence, mais il a aussi décidé que l'avortement ne ferait pas partie de cette initiative. Cette décision, confirmée lundi après des semaines de tergiversations, a été unanimement critiquée par les groupes de femmes.
«Quand 12 groupes en deux semaines se font dire non, on ne peut pas ne pas penser que c'est réfléchi, qu'il y a un "pattern", qu'il s'agit d'une attaque contre les groupes de femmes et les groupes militants», lance Mme Bulger.
Elle se sent confortée dans sa thèse par le commentaire de la sénatrice conservatrice Nancy Ruth, tel que rapporté par le Toronto Star lundi. La sénatrice, elle-même pro-choix, a invité les groupes de femmes à «fermer leurs crisses de gueules» («shut the fuck up») d'ici la tenue du G8 pour ne pas tenter M. Harper à transformer l'avortement en enjeu électoral ici.
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