vendredi 2 avril 2010

Manifestation à Montréal : Distribuons la richesse ( Vidéo)

Environ 10 000 personnes ont manifesté jeudi dans les rues de Montréal pour dénoncer le budget 2010 du gouvernement Charest.

La manifestation, organisée par la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics, regroupait des représentants syndicaux, des étudiants et des travailleurs. Des organismes communautaires comme le FRAPRU étaient aussi présents. Source Radio Canada



COMMENTAIRE SUR LE BUDGET LE CAPITALISME NOUS BAISE

Sabotage en trois actes
de Jean-Marc Lord

Je profite du dépôt du budget du gouvernement Charest, aujourd'hui, pour vous offrir une petite pièce de théâtre expliquant le plus simplement du monde comment les gouvernements et les lucides s'y prennent pour saboter les services publics et les offrir sur un plateau d'argent aux entrepreneurs privés.

Premier acte

Pendant une forte période de croissance économique, vous faites la promotion de l'individualisme et de la surconsommation. Vous vous arrangez pour faire entrer dans la tête des gens qu'ils payent trop d'impôt et vous vous faites élire en promettant toujours de plus importantes baisses d'impôt. Ça fonctionne habituellement très bien.

Les 20 % les plus riches de la population profitent d'économies d'impôt de plusieurs milliers de dollars et se frottent les mains en se disant que la «stratégie de communication» a bien fonctionné. Les 80 % restants profitent d'une économie d'impôt de quelques centaines de dollars par année. À la fin de ce premier acte, tout le monde applaudit.

Deuxième acte

Les baisses d'impôt des dix dernières années, qui représentent maintenant une perte d'au moins 10 milliards de dollars par année dans les coffres du gouvernement, occasionnent inévitablement une baisse de la qualité des services de santé et d'éducation. En clair, l'argent que l'on a consenti en baisses d'impôt ne peut évidemment pas servir à couvrir la hausse normale des dépenses dans ces secteurs, donc forcément la qualité diminue.

Faute de ressources financières, les conditions de travail des employés des services publics en souffrent aussi. Plusieurs infirmières, médecins, enseignants, psychologues, orthopédagogues, démissionnent ou s'enfuient en masse vers le privé, là où les conditions sont moins pénibles. Évidemment, cela détériore encore la qualité des services, et la population est de plus en plus insatisfaite et impatiente. À la fin du deuxième acte, personne n'applaudit. Tout le monde s'indigne et réclame au plus vite des améliorations.

Troisième acte

Dans ce dernier acte, coup de théâtre: une crise économique vient à la rescousse des lucides ( Bouchard et ses amis photo ci contre) en accélérant le processus de sabotage des services publics. Les gens sont donc maintenant mûrs pour accepter que l'on augmente les tarifs des services publics et la TVQ. On leur fait croire aussi que, de toute évidence, on vit au-dessus de nos moyens, que ces hausses de tarifs et de taxes ne seront pas suffisantes, et qu'il faudra non seulement prévoir encore une diminution de la qualité des services, mais aussi se résigner à permettre que des entreprises privées, prétendument plus performantes, viennent à la rescousse du système public en offrant des services de santé et d'éducation aux gens qui ont de plus grands moyens financiers.

À la fin de ce troisième et dernier acte, seulement 20 % de la population applaudit. Les 80 % restants se rendent compte soudainement, mais un peu tard, que les économies d'impôt dont ils ont bénéficié depuis dix ans ne sont rien en comparaison des coûts supplémentaires qu'ils doivent maintenant assumer pour obtenir les mêmes services qu'auparavant.

Mais heureusement, les scénarios des pièces de théâtre peuvent changer, comme les gouvernements d'ailleurs.

Source Le Devoir

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