mercredi 21 avril 2010

Détenus afghans, Londres et Ottawa même accusation

Détenus afghans: après Ottawa, Londres nage en eaux troubles
Par Guillaume Bourgault-Côté

Le gouvernement britannique est aux prises avec une poursuite qui révèle d'étonnantes similitudes avec le dossier canadien.

Ottawa — Une enquête sur le transfert de détenus afghans qui risquent tortures et «abus horribles» lorsqu'ils sont remis aux mains de la Direction nationale de la sécurité afghane (NDS), des documents épineux que le gouvernement tente de garder secrets... L'histoire n'est pas nouvelle à Ottawa. Mais à Londres, oui.

Depuis lundi, un procès opposant une militante pacifiste au gouvernement britannique révèle d'étonnantes similitudes avec le dossier qui anime la colline parlementaire à Ottawa depuis plusieurs mois. Maya Evans allègue dans sa poursuite que Londres s'est rendu complice de tortures en transférant au NDS des prisonniers qui ont par la suite été torturés.

Mauvais suivi des détenus, manque d'intérêt envers la question, les allégations rejoignent celles entendues à Ottawa depuis le témoignage du diplomate Richard Colvin en novembre. Hier, les avocats de la plaignante ont révélé qu'au moins six Afghans arrêtés par les Forces britanniques, puis transférés au NDS, auraient été torturés par la suite. Le dossier des avocats contiendrait des allégations touchant au total près de 400 détenus.

Par exemple, un détenu dit avoir été maltraité tous les jours avec un bâton par le NDS entre septembre et novembre 2008. Un autre allègue qu'il a été soumis à une privation de sommeil; ailleurs, ce sont des décharges électriques. Tous font état d'abus répétés. Les avocats de Mme Evans s'appuient sur plusieurs rapports pour dire que «l'usage de la torture et d'autres abus sérieux sont routiniers» au NDS, et que Londres se «met la tête dans le sable» en le niant.

Source le Devoir

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