« On était un peu naïfs. Nous pensions que les Allemands allaient me laisser repartir. Si nous avions su la suite, nous ne nous serions pas dit “au revoir” à la gare. Nous nous serions dit “adieu”. » Thomas Strasser n'avait que 18 ans quand les soldats allemands sont arrivés à Budapest, où il travaillait comme apprenti dans une boutique de sacs et de portefeuilles en cuir.
C'était en mars 1944, et il venait de passer deux jours chez ses parents. L'occupation allemande n'était alors qu'une rumeur dans le village de Nove Zamky, à une heure de la capitale. Parce qu'il craignait de perdre son emploi, le jeune Thomas a pris le train. « Si tu vois que les Allemands sont là pour vrai, reste dans le train et reviens », lui avaient dit ses parents.
L'apprenti n'en a jamais eu l'occasion. Monsieur Strasser habite montréal depuis 1948.
La suite du texte et un cours vidéo disponible ici La Presse
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