Haïti, comment se distribue l'aide? Voici un commentaire de Vincent Marissal qui témoigne de la confusion qui peut régner sur le terrain concernant cette distribution d'aide.
Les ti zamis... et les autres
Extrait de Vincent Marissal
Il y a deux sports nationaux en ce moment à Port-au-Prince : chercher de la bouffe et critiquer le gouvernement. Les Haïtiens ont bien raison, d'ailleurs, parce que ces deux nécessités en temps de catastrophe sont cruellement absentes des rues de la capitale.
Port-au-Prince ressemble ces jours-ci à un terrain de jeu pour ONG et militaires, qui, dans une valse continue de Hummer et de rutilants 4x4 blancs tout neufs, rivalisent les uns les autres.
Au milieu de ce défilé surréaliste - littéralement au milieu puisque plusieurs camps de sinistrés sont établis dans les places centrales des quartiers -, les Haïtiens attendent de l'aide......
Hier matin, place Saint-Pierre à Pétionville, une distribution de riz menée par une ONG irlandaise s'est déroulée sous haute tension. Le porte-parole de l'ONG en question (GOAL), Brian Casey, a même suggéré aux journalistes de quitter les lieux avant que les camions ne soient vides, craignant une émeute.
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Qui «call les shots» dans une opération comme celle-ci? ai-je demandé à M. Casey, de GOAL.
« C'est, dans l'ordre, le gouvernement américain, l'ONU et l'armée américaine, a-t-il répondu spontanément, avant de corriger. Oh non, excusez-moi, le premier, c'est le gouvernement haïtien, ensuite l'ONU et l'armée américaine... »
Un gros 8,5 pour le salto arrière politiquement correct de M. Casey, mais sur le terrain, tout le monde sait que c'est de la foutaise.
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Les ratés incompréhensibles de la distribution de tentes, TROIS semaines après le séisme, en sont la plus gênante illustration.
«On ne sait pas où sont les tentes, m'a avoué tout de go la ministre de la Culture et des Communications, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, en entrevue samedi au quartier général provisoire du gouvernement. Ce sont les ONG qui ont le matériel et l'argent. L'État haïtien n'a rien. Quand des artistes, comme Angelina Jolie, donne 1 million pour Haïti, ce n'est pas le gouvernement qui a l'argent, ce sont les ONG. »
La ministre Lassègue, propulsée ces derniers jours au rang peu enviable de porte-parole officielle d'un gouvernement qui n'a rien à dire, a au moins eu l'honnêteté de donner raison à ses concitoyens.
«C'est normal que le peuple nous en veule, dit-elle. Nous sommes responsables, nous sommes l'exécutif. »
Le gouvernement demande aux ONG d'harmoniser leurs opérations selon ses priorités, mais c'est comme pour le million d'Angelina : les ONG s'attribuent le mérite des opérations sur le terrain... et se foutent du gouvernement haïtien.
C'est non seulement contre-productif, dénonce Mme Lassègue, mais c'est carrément dangereux.
«Quand une ONG décide d'aller distribuer de la nourriture dans un camp où nous venons juste d'aller, sans nous consulter, c'est dangereux parce que cela crée de la colère dans les autres quartiers qui n'ont rien eu.»
Source La Presse
La misère devient le terrain propice pour évacuer un gouvernement déjà impopulaire et le remplacer par une autre qui sera à la solde des puissances étrangères....
Le danger plane sur Haïti...
Les ti zamis... et les autres
Extrait de Vincent Marissal
Port-au-Prince ressemble ces jours-ci à un terrain de jeu pour ONG et militaires, qui, dans une valse continue de Hummer et de rutilants 4x4 blancs tout neufs, rivalisent les uns les autres.
Au milieu de ce défilé surréaliste - littéralement au milieu puisque plusieurs camps de sinistrés sont établis dans les places centrales des quartiers -, les Haïtiens attendent de l'aide......
Hier matin, place Saint-Pierre à Pétionville, une distribution de riz menée par une ONG irlandaise s'est déroulée sous haute tension. Le porte-parole de l'ONG en question (GOAL), Brian Casey, a même suggéré aux journalistes de quitter les lieux avant que les camions ne soient vides, craignant une émeute.
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« C'est, dans l'ordre, le gouvernement américain, l'ONU et l'armée américaine, a-t-il répondu spontanément, avant de corriger. Oh non, excusez-moi, le premier, c'est le gouvernement haïtien, ensuite l'ONU et l'armée américaine... »
Un gros 8,5 pour le salto arrière politiquement correct de M. Casey, mais sur le terrain, tout le monde sait que c'est de la foutaise.
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Les ratés incompréhensibles de la distribution de tentes, TROIS semaines après le séisme, en sont la plus gênante illustration.«On ne sait pas où sont les tentes, m'a avoué tout de go la ministre de la Culture et des Communications, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, en entrevue samedi au quartier général provisoire du gouvernement. Ce sont les ONG qui ont le matériel et l'argent. L'État haïtien n'a rien. Quand des artistes, comme Angelina Jolie, donne 1 million pour Haïti, ce n'est pas le gouvernement qui a l'argent, ce sont les ONG. »
La ministre Lassègue, propulsée ces derniers jours au rang peu enviable de porte-parole officielle d'un gouvernement qui n'a rien à dire, a au moins eu l'honnêteté de donner raison à ses concitoyens.
«C'est normal que le peuple nous en veule, dit-elle. Nous sommes responsables, nous sommes l'exécutif. »
Le gouvernement demande aux ONG d'harmoniser leurs opérations selon ses priorités, mais c'est comme pour le million d'Angelina : les ONG s'attribuent le mérite des opérations sur le terrain... et se foutent du gouvernement haïtien.C'est non seulement contre-productif, dénonce Mme Lassègue, mais c'est carrément dangereux.
«Quand une ONG décide d'aller distribuer de la nourriture dans un camp où nous venons juste d'aller, sans nous consulter, c'est dangereux parce que cela crée de la colère dans les autres quartiers qui n'ont rien eu.»
Source La Presse
La misère devient le terrain propice pour évacuer un gouvernement déjà impopulaire et le remplacer par une autre qui sera à la solde des puissances étrangères....
Le danger plane sur Haïti...
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