Israel à le droit de tuer!
Si on se fie au propos de Mark Heller,chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv, Israël à le droit d'assassiner ses opposants . Et après on parle de démocratie! Quelle ironie.
Entretien avec Mark Heller
Le politologue israélien Mark Heller est chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv. Il décrypte pour L'Express.fr les répercussions stratégiques et politiques de la liquidation à Dubaï, le 20 janvier dernier, de Mahmoud Al-Mabhouh, haut responsable du Hamas, impliqué dans l'assassinat de deux soldats israéliens en 1989 et plus récemment, dans le transfert d'armes vers la bande de Gaza.
Question.Le fait que les membres du commando aient "volé" l'identité de citoyens européens, notamment britanniques a suscité quelques tensions entre Londres et Israël. La crise est-elle sérieuse?
Al-Mabhouh n'était pas Mère Teresa. Personne ne pleure sa mort en Europe. Que le détournement de passeports étrangers suscite de la colère, c'est compréhensible. Les diplomates et les ministres des affaires étrangères - qui ne sont pas forcément mis dans le secret de ces opérations- devront peut être prendre une ou deux mesures bénignes, pour apaiser les médias. Mais rien de grave. La communication entre le Mossad et les services secrets britanniques est bonne. Entre professionnels du renseignement, on se comprend.
Question. Si la piste du Mossad se confirmait, le Premier ministre Benyamin Netanyahou serait confronté à un remake fâcheux, après la tentative d'assassinat avorté sur Khaled Meshal, chef du Hamas, en 1997, à Amman...

Ce serait une source d'embarras certain pour Meir Dagan, le patron du Mossad et Netanyahou qui est son supérieur hiérarchique direct. Je veux croire que dans le processus de décision, le paramètre risque a été jugé tolérable. En matière de sécurité, il n'y a pas de décision sans incertitude. Certains analystes critiquent le choix de Dubaï comme théâtre de l'opération d'élimination. Pourquoi risquer de s'aliéner un pays arabe dont les relations avec Israël sont plutôt bonnes, disent-ils?
Mais quand on regarde de plus près les autres options - la Syrie où Al-Mabhouh résidait, le Soudan, la Chine et l'Iran où il voyageait – on se rend compte que Dubaï était la seule option possible. Il ne faut pas oublier non plus que des milliers de sociétés et d'hommes d'affaires iraniens travaillent à Dubaï. C'est le point de passage obligé pour contourner l'embargo commercial destiné à dissuader Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. Tuer Al-Mabhouh à Dubaï, c'est envoyer un message.
Question Tous ces risques pour un seul homme... Les opérations de liquidation servent-elles à quelque chose?
Je connais ce point de vue qui consiste à dire que le mort sera vite remplacé, comme dans le cas de Yehyah Ayash (un artificier du Hamas, assassiné en 1995, au moyen d'un téléphone piégé) et que la liquidation ne sert à rien, sinon à échauffer les esprits.
Quand un haut responsable est éliminé, c'est toute son organisation qui est déstabilisée. Tout le temps consacré à sa réorganisation ne sera pas utilisé pour le terrorisme.
Mais que savent-ils véritablement les gens qui tiennent ce discours? Qu'est ce qui leur prouve que la situation n'aurait pas été encore pire si Ayash était resté en vie? Quand un haut responsable est éliminé, c'est toute son organisation qui est déstabilisée. Panique, méfiance, suspicion. Tout le temps que l'organisation doit consacrer à sa réorganisation, elle ne l'utilisera pas pour le terrorisme
Question. En définitive, ces opérations sont-elles morales?
Que pensez-vous qu'aurait été la réaction des autorités syriennes si nous leur avions envoyé une demande d'extradition d'Al-Mabhouh? Face à des acteurs non étatiques, qui échappent à tout système légal et qui veulent vous tuer, il y a deux options. Soit vous ne faites rien. Soit vous agissez et vous les tuez avant qu'ils ne vous tuent. De ce point de vue, la liquidation est parfaitement légale.
Source l'Express.fr
Si on se fie au propos de Mark Heller,chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv, Israël à le droit d'assassiner ses opposants . Et après on parle de démocratie! Quelle ironie.Entretien avec Mark Heller
Le politologue israélien Mark Heller est chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv. Il décrypte pour L'Express.fr les répercussions stratégiques et politiques de la liquidation à Dubaï, le 20 janvier dernier, de Mahmoud Al-Mabhouh, haut responsable du Hamas, impliqué dans l'assassinat de deux soldats israéliens en 1989 et plus récemment, dans le transfert d'armes vers la bande de Gaza.Question.Le fait que les membres du commando aient "volé" l'identité de citoyens européens, notamment britanniques a suscité quelques tensions entre Londres et Israël. La crise est-elle sérieuse?
Al-Mabhouh n'était pas Mère Teresa. Personne ne pleure sa mort en Europe. Que le détournement de passeports étrangers suscite de la colère, c'est compréhensible. Les diplomates et les ministres des affaires étrangères - qui ne sont pas forcément mis dans le secret de ces opérations- devront peut être prendre une ou deux mesures bénignes, pour apaiser les médias. Mais rien de grave. La communication entre le Mossad et les services secrets britanniques est bonne. Entre professionnels du renseignement, on se comprend.
Question. Si la piste du Mossad se confirmait, le Premier ministre Benyamin Netanyahou serait confronté à un remake fâcheux, après la tentative d'assassinat avorté sur Khaled Meshal, chef du Hamas, en 1997, à Amman...

Ce serait une source d'embarras certain pour Meir Dagan, le patron du Mossad et Netanyahou qui est son supérieur hiérarchique direct. Je veux croire que dans le processus de décision, le paramètre risque a été jugé tolérable. En matière de sécurité, il n'y a pas de décision sans incertitude. Certains analystes critiquent le choix de Dubaï comme théâtre de l'opération d'élimination. Pourquoi risquer de s'aliéner un pays arabe dont les relations avec Israël sont plutôt bonnes, disent-ils?
Mais quand on regarde de plus près les autres options - la Syrie où Al-Mabhouh résidait, le Soudan, la Chine et l'Iran où il voyageait – on se rend compte que Dubaï était la seule option possible. Il ne faut pas oublier non plus que des milliers de sociétés et d'hommes d'affaires iraniens travaillent à Dubaï. C'est le point de passage obligé pour contourner l'embargo commercial destiné à dissuader Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. Tuer Al-Mabhouh à Dubaï, c'est envoyer un message.
Question Tous ces risques pour un seul homme... Les opérations de liquidation servent-elles à quelque chose?
Je connais ce point de vue qui consiste à dire que le mort sera vite remplacé, comme dans le cas de Yehyah Ayash (un artificier du Hamas, assassiné en 1995, au moyen d'un téléphone piégé) et que la liquidation ne sert à rien, sinon à échauffer les esprits.
Quand un haut responsable est éliminé, c'est toute son organisation qui est déstabilisée. Tout le temps consacré à sa réorganisation ne sera pas utilisé pour le terrorisme.
Mais que savent-ils véritablement les gens qui tiennent ce discours? Qu'est ce qui leur prouve que la situation n'aurait pas été encore pire si Ayash était resté en vie? Quand un haut responsable est éliminé, c'est toute son organisation qui est déstabilisée. Panique, méfiance, suspicion. Tout le temps que l'organisation doit consacrer à sa réorganisation, elle ne l'utilisera pas pour le terrorisme
Question. En définitive, ces opérations sont-elles morales?
Source l'Express.fr
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