L'envoyé spécial des Nations unies pour Haïti, Bill Clinton, a profité du Forum économique de Davos, en Suisse, pour demander aux multinationales du monde de voir la reconstruction d'Haïti comme une occasion d'affaires.
« Je crois qu'un pays peut renaître de ses cendres dans une très courte période de temps », a dit l'ancien président américain, notant spécifiquement le cas d'Aceh, en Indonésie, après le tsunami de décembre, et celui du Rwanda, au lendemain du génocide de 1994.
M. Clinton, enrôlé aux côtés de son successeur Georges W. Bush par le président Barack Obama pour amasser des fonds destinés à Haïti, a souligné diverses statistiques pour appuyer ses dires. Il a par exemple noté que 60 % des Haïtiens et 70 % du territoire n'ont pas été touchés par le séisme du 12 janvier.«C'est une occasion de réimaginer l'avenir pour le peuple haïtien, de construire ce qu'ils veulent devenir, plutôt que de reconstruire ce qu'ils étaient. » Bill Clinton
Sur 800 000 touristes venus en Haïti l'an dernier, 500 000 sont arrivés sur un bateau de cette entreprise. Ces passagers, dit-il, injectent des fonds d'une importance vitale dans l'économie haïtienne.
Source Radio Canada
Tout cet argent venant du tourisme a servi à qui? À quoi?
Les Haïtiens eux-mêmes se prennent en main comme l’écrit Valerian Mazataud. dans l'article qui suit
La faim est encore plus pesante que l'insécurité
de Valerian Mazataud
Dans la zone, où l'on recense plus de 10 000 morts déclarés, les habitants, faute de recevoir l'aide tant espérée, ont pris les choses en main et se sont organisés en comités. Ravitaillement, entraide, assainissement, recensement, collectes, soins médicaux, les tâches ne manquent pas pour ces citoyens qui ont sorti leurs voisins des décombres par la seule force de leurs bras. « Beaucoup de gens quittent la ville et partent dans leur famille en province, mais nous avons choisi de rester, car nous sommes des fils du quartier », explique Gerald Meyer.
Aujourd'hui, si nous avons peur, c'est de ne pas voir l'aide arriver jusqu'ici. Nous vivons abandonnés à nous-mêmes », ajoute le journaliste de 34 ans, qui déplore aussi l'ampleur du traumatisme psychologique des sinistrés. Ici, comme dans d'autres quartiers, les bonnes volontés et les compétences ne manquent pas, mais les Haïtiens volontaires ne savent pas à qui s'adresser et se heurtent au mur de la coordination logistique de la MINUSTAH. Selon les derniers rapports de l'OCHA (United Nation Office for the Coordination of Humanitarian Affairs), le Programme alimentaire mondial en Haïti aide 120 000 personnes dans les meilleures journées. Encore bien peu en regard des 600 000 sans-abri de la région.
Dans le camp de réfugiés de Mont-Joie, sur les hauteurs de Port-au-Prince, on n'a pas encore vu l'ombre d'un carton d'aide alimentaire, et les plaies soignées par la Croix-Rouge s'infectent à nouveau. Après l'accès aux soins et à l'eau, la nourriture sera vraisemblablement la troisième priorité des organisations humanitaires, mais de troublantes inégalités s'installent déjà entre les survivants. Sur le Champ de Mars, l'immense place centrale de Port-au-Prince transformée en gigantesque camp de réfugiés, seules les quelques dizaines de tentes situées en face de l'ambassade de France ont reçu de l'électricité grâce au travail d'urgence d'une équipe antillaise d'Électricité de France.
Source le Devoir
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire