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samedi 4 juillet 2009

La Burqua un questionnement

Avec tous les débats qu'elles suscitent, il est intéressant de prendre connaissance d'un autre point de vue que j’ai découvert sur le site de Ragondin furieux. Une autre façon de voir qui mérite réflexion.

LA BURQA ET LES REACTIONNAIRES

Quelqu'un a dû jeter une malédiction de trop. Nous vivons une époque intéressante. Nos ressources s'épuisent, le gaz carbonique s'accumule dans l'atmosphère et le monde industriel se débat dans ce qui sera sans doute la dernière crise de son existence. Pendant ce temps-là un quarteron de députés qu'on espère bientôt à la retraite nous pondent un antépénultième débat sur la burqa.

La pratique consistant à enfermer une femme – ou un homme, d'ailleurs – sous une bâche et à ne le laisser accéder au monde extérieur que par le biais d'un carré de tissu grillagé est évidemment aussi barbare que stupide. Tous les progressistes dignes de ce nom doivent s'efforcer de la faire disparaître. Ce n'est pas le problème, cependant, en fait cela ne l'a jamais été. La seule question qui mérite de se poser dans une assemblée c'est de savoir s'il faut l'interdire.

Une telle interdiction n'aurait, bien sûr aucune chance d'être appliquée. Le Conseil Constitutionnel la censurerait immédiatement et s'il ne le faisait pas, la Court Européenne des Droits de l'Homme s'en chargerait. Tout ce que nous en retirerions ce serait l'indignation de tous les démocrates de la planète, ainsi, sans doute, que quelques vociférations villieristo-souverainistes à la Riposte Laïque.

Là encore, cependant, ce n'est pas le problème.

Il y a dans le chœur de ceux qui réclament l'interdiction de la burqa beaucoup de xénophobie crasse et de conservatisme qui ne l'est pas moins. Il n'y a pour s'en convaincre qu'à regarder les contorsions intellectuelles auxquels nombre d'entre eux se livrent pour justifier la non-interdiction des cornettes – qui procèdent pourtant de la même logique que la burqa. Ce qui les gêne ce n'est pas l'offense faite aux femmes, c'est la présence visible de l'Islam dans la société française. Cela relève d'une vision profondément perverse de l'identité qui consiste, littéralement, à la graver dans le marbre et à interdire aux sociétés d'évoluer – exactement ce que font, ou plutôt prétendent faire les islamistes. L'identité d'un peuple, c'est d'abord l'affirmation d'une continuité, affirmation qui peut fort bien s'accommoder de changements culturels profonds. Si la Bretagne se convertissait à l'Islam, elle serait certainement différemment bretonne, mais pas moins. Vouloir interdire à un peuple d'adopter telle ou telle religion, ou telle ou telle pratique sous prétexte qu'elle vient d'ailleurs, c'est le figer dans un moment de son histoire et lui dénier toute maîtrise de son destin culturel.

Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant à ce que intellectuels comme, par exemple Françoise Morvan, se fassent les hérauts de ce genre de discours. Leur vision de la société est fondamentalement conservatrice, même si ce n'est pas le même conservatisme que celui qui anime Sarkozy.

On passera avec indulgence – enfin pas trop, quand même – sur les arguments de ceux qui nous disent que la burqa n'est pas musulmane. C'est certainement vrai puisqu'on ne la porte pas en Albanie. Ce n'est cependant pas aux non-musulmans de décider ce qu'est l'Islam, pas plus que ce n'est aux libéraux de définir ce qu'est le communisme. Nous ne sommes pas obligés de suivre une femme voilée dans son raisonnement mais nous ne pouvons pas nier sa sincérité ni sa conviction que la religion qu'elle suit est effectivement l'Islam, pas plus que nous ne pouvons nier que le mélange bizarre de populisme vigneron et de trotskisme que professe le Parti Ouvrier indépendant soit, à ses yeux, du socialisme.

On peut certainement dire que la burqa est le symbole d'une idéologie détestable et qu'elle doit, en conséquence, être interdite. Le fondamentalisme est indéniablement exécrable, même si ceux qui s'acharnent sur sa version islamique en oubliant ses variantes catholiques ou évangéliques combattent en général tout autre chose. Ceci étant dit, suffit-il qu'une idéologie nous paraissent exécrable pour que nous interdisions ses manifestations ? C'est loin d'être évident. Nous interdisons la propagande fasciste parce qu'elle, par nature, est une apologie de crime contre l'humanité. Il est possible qu'on interdise un jour la propagande productiviste pour des raisons similaires. Cela doit rester des exception cependant, car si les nationaux-laïcards de Riposte Laïque peuvent faire interdire le voile parce qu'il ne correspond pas à leurs valeurs, qu'est ce qui m'empêcherait de demander l'interdiction de Riposte Laïque – ou de n'importe quoi d'autre, d'ailleurs, pour les mêmes raisons ?

La règle doit être qu'il n'y a pas de crime sans victime et que chacun doit être libre de faire ce qu'il veut tant qu'il ne nuit pas aux autres. Or, si les femmes à burqa se nuisent indubitablement à elle-même, on voit mal quelles nuisances elles causent au reste de la population – sauf à considérer comme légitime les vociférations des chrétiens intégristes qui se sentent "agressés" dés que l'on joue du métal un peu trop prés de chez eux.

Il ne manque pas, bien sûr, de bonnes âmes pour invoquer la laïcité, preuve qu'il n'y comprennent pas grand chose ou que dans le fond ce n'est pas cela qu'ils veulent. Que des personnalités aussi éminentes et aussi peu suspectes de sympathies islamistes que Caroline Fourest ou Henry Pena-Ruiz refusent de les suivre sur ce terrain devrait d'ailleurs les interpeller. Être laïque c'est affirmer que la religion ne doit pas structurer la société et que l'Etat doit être, en matière religieuse, d'une neutralité absolue. C'est pour cela que les fonctionnaires, qui représentent l'Etat ne doivent porter, dans le cadre de leurs mission, ni voile, ni croix, ni pentacle. C'est pour cela aussi que les uns comme les autres sont interdis au sein de l'école qui est et doit rester une institution républicaine. Les religions ont, par contre tout à fait le droit de structurer la vie de leurs adeptes, même si cette structure nous déplaît, tant qu'elles ne structurent que la vie de leurs adeptes et qu'elles ne troublent pas l'ordre publique

Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle inquisition.

En fait, au delà des sophismes et des approximations des croisés de l'anti-burqa, ce à quoi nous sommes confrontés c'est moins à un problème musulman qu'à un problème "républicain" – je mets des guillemets car le mélange nauséabond de nationalisme et d'autoritarisme qui se cache trop souvent derrière ce terme n'a rien à voir avec la vraie république. Le "républicanisme" a certainement représenté un progrès par rapport à l'intolérance au cléricalisme de l'Ancien Régime, mais il ne considère pas plus que lui l'autre comme un individu à part entière, avec son histoire, ses croyances et son projet particulier. Il le réduit à un ectoplasme unidimensionnel qui n'existe que pour et par sa participation à l'Etat et considère toute manifestation d'altérité comme illégitime. En un sens il le chosifie presque autant que le fondamentalisme, même si ce n'est pas sur le même registre.

Ce qu'il faut, au contraire, c'est considérer chaque individu comme un être particulier, digne de respect en tant que tel, et non en tant que futur citoyen-blanc-catholico-laïque ou en tant que sujet d'expérience pour tel ou tel projet de libération involontaire. Cela signifie refuser que l'on voile les femmes de force. Cela signifie aussi refuser qu'on les dévoile d'autorité.

Source : Damien Perrotin
Ce qui ne veut pas dire que j'approuve tous les points de vue de l'auteur (Damien Perrotin)

vendredi 3 juillet 2009

Afghanistan : les pauvres combattent et les riches fêtes

De violents combats opposent les marines aux talibans dans la province de Helmand, au deuxième jour de la grande offensive américaine baptisée « Khanjar ». C'est ce qu'a affirmé vendredi le général Larry Nicholson, commandant de l'opération militaire.

Les soldats « vont devoir faire face à de durs défis », car ils sont « engagés dans un sacré combat », a-t-il déclaré. En revanche, le général Nicholson a précisé qu'il a eu une faible résistance dans certains secteurs.

Les 4000 marines américains de l'opération, soutenus par quelque 500 policiers et soldats afghans, avaient été déployés jeudi dans les districts de Garmser et Nawa [dans la province de Helmand] en « presque huit heures », selon leur commandant.

Toutes les informations disponibles sur cette opération sont fournies par l'armée américaine, et aucune source indépendante ne peut les vérifier pour le moment.

Un 121e soldat canadien perd la vie

Le caporal Nicholas Bulger était membre du 3e bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, basé à Edmonton. Il était âgé de 30 ans.

Pendant que nos soldats se font tuer pour une mission qui n’a aucun sens, le chef du commandement central des forces américaines, David Petraeus (à droite), est en visite à Calgary à l'invitation du général Walter Natynczyk, chef d'état-major de la Défense nationale. Pendant qu'il participe au festival western de Calgary, la province du premier ministre canadien, nos soldats servent de chair à canon pour les impérialistes.

Source : Radio Canada, La Presse


La mission de paix de nos militaires ne sert pas à grand-chose si on se fie à ce vidéo, « Poverty forces children into smuggling »


Dossier Honduras : deux analyses sur le coup d'État

Dossier Honduras



Analyse de Jorge Martin

Tôt dans la matinée du dimanche 28 juin, 200 soldats ont encerclé la résidence du président du Honduras, Manuel Zelaya. Après 20 minutes de combat avec les 10 membres de sa garde personnelle, le président a été arrêté. Il a alors été expulsé par avion au Costa Rica, où, dans une conférence de presse, il a dénoncé un coup d’Etat à l’instigation « d’oligarques de droite ». Il a également appelé la population à se mobiliser, dans la rue, et promis de revenir.

L’origine immédiate de ce coup d’Etat réactionnaire est le référendum que Zelaya voulait organiser sur la convocation d’une Assemblée Constituante. Le Congrès (dominé par la droite), le Haut Commandement de l’armée et la Cour Suprême s’opposaient à ce projet.

Zelaya avait remporté les élections présidentielles de 2005 sous le drapeau du Parti Libéral du Honduras. Il avait devancé de peu le candidat du Parti National. Il est lui-même un riche propriétaire terrien, mais la polarisation politique de ce petit pays d’Amérique centrale l’a poussé à prendre un certain nombre de mesures favorables aux pauvres, aux travailleurs et aux paysans. Il s’est réclamé du « bolivarisme ». Rapidement, il a perdu le soutien de sa propre formation, le Parti Libéral (centre-droit), et a donc été forcé de s’allier avec des organisations ouvrières et paysannes. Voici ce qu’il dit dans une interview accordée au quotidien espagnol El País : « J’ai voulu faire des changements dans le schéma néo-libéral. Mais les riches ne font aucune concession – pas même un centime. Ils ne veulent pas renoncer à la plus petite partie de leurs fortunes. Ils veulent tout garder pour eux. Alors, bien sûr, pour changer les choses, il faut mobiliser le peuple.

Le Honduras est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine. 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté. L’illettrisme frappe 20% des citoyens. Plus d’un million d’habitants – sur les 7,8 millions que compte le pays – a dû émigrer aux Etats-Unis pour chercher du travail. Dans ces conditions, même les mesures progressistes les plus modérées devaient inévitablement se heurter à l’hostilité brutale de la classe dirigeante, des propriétaires terriens et des grands médias.

Parmi les réformes progressistes du gouvernement, il y avait une campagne d’alphabétisation basée sur les exemples cubains et vénézuéliens, une tentative d’améliorer la santé des sections les plus pauvres de la population (via l’accès à des médicaments moins chers et l’octroi de bourses pour étudier la médecine à Cuba), une baisse des taux d’intérêts pour les petits fermiers et une augmentation de 60% du salaire minimum.

Le gouvernement a également pris des mesures contre certains des privilèges les plus flagrants de la classe dirigeante hondurienne. Il a brisé le monopole des multinationales sur l’importation du fuel, grâce à un accord passé avec Petrocaribe, basée au Venezuela. Zelaya a également pris des mesures contre les multinationales pharmaceutiques qui contrôlent 80% de tous les médicaments vendus au Honduras, et qui les vendent au prix fort. Pour ce faire, Zelaya a signé un accord avec le Venezuela et Cuba pour importer des versions génériques – et donc moins chères – des médicaments les plus couramment utilisés. Le président a également dénoncé le monopole de l’oligarchie sur les médias de masse et supprimé les subventions de l’Etat aux grands groupes de l’industrie médiatique.

Sur l’arène internationale, Zelaya a rallié l’ALBA (Alternative Bolivarienne des Amériques), une alliance régionale initiée par le Venezuela.

Toutes ces mesures ont contribué à accroître la popularité de Zelaya parmi les couches les plus pauvres de la population – et à alimenter l’hostilité de l’oligarchie locale, qui depuis deux siècles dirigeait le pays (conformément aux intérêts américains). Pendant la plus grande partie du XXe siècle, le Honduras a été une « République bananière » dominée par la compagnie United Fruit, qui contrôlait la plupart des meilleures terres agricoles du pays et les exploitait comme son jardin privé, sans se soucier de ce qu’en pensaient les gouvernements officiels du pays. Périodiquement, les marines américains intervenaient pour renverser des gouvernements qui tentaient de limiter le pouvoir d’United Fruit. L’indépendance formelle du pays n’était qu’un écran de fumée. L’impérialisme américain était maître à bord. Les marines américains sont intervenus au Honduras en 1903, 1907, 1911, 1912, 1919, 1924 et 1925. En 1911, le nouveau président du pays a été directement nommé par un médiateur américain. En 1930, lorsqu’une grève solide a éclaté, dans les plantations bananières, un bateau de guerre américain a été envoyé pour la réprimer.

Le Honduras a également une longue histoire de présidents libéraux qui, pour avoir tenté de timides réformes, ont été renversés par un coup d’Etat – avec le soutien et la participation directe des Etats-Unis. Ce fut le cas du président Vincente Mejía (1929 – 1933), qui a été remplacé par la dictature du général Carías Andino. Il a conservé le pouvoir jusqu’en 1949. La même chose est arrivée au président Villeda Morales, qui, après avoir engagé une réforme agraire très modeste, fut renversé par le coup d’Etat de López Arellano. Appuyé par les Etats-Unis, Arellano dirigea le pays de 1965 à 1974. Enfin, dans les années 80, le Honduras est devenu la principale base d’opération des contras, ces milices contre-révolutionnaires organisées par les Etats-Unis qui luttaient contre la révolution sandiniste, au Nicaragua.

Face à l’opposition de la classe capitaliste et de l’impérialisme, Zelaya espérait pouvoir s’en sortir en organisant un référendum sur la convocation d’une Assemblée Constituante, suivant le modèle du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur. Il a proposé d’organiser un référendum, le dimanche 28 juin, pour décider si un autre référendum serait organisé, dans le cadre des élections générales de novembre prochain, pour convoquer une Assemblée Constituante. Mais le Congrès et la Cour Suprême ont déclaré cette consultation illégale. Le Haut Commandement de l’armée refusa d’apporter son soutien logistique à l’organisation de cette consultation – avant d’arrêter Zelaya, le 28 juin.


La classe dirigeante hondurienne n’a pas perdu de temps. L’Etat d’urgence et un couvre-feu ont été décrétés. Le Congrès a immédiatement désigné un nouveau président, Roberto Micheletti, qui était jusqu’alors le président du Congrès. Des militants de gauche et d’organisations ouvrières et paysannes ont été arrêtés. Cesar Ham, un candidat de gauche à la dernière présidentielle, a échappé de peu à une arrestation. Le Congrès a ordonné l’arrestation de nombreux dirigeants d’organisations populaires ou sociales, dont Juan Baraona (Bloc Populaire), Carlos H. Reyes (Bloc Populaire), Andrés Padrón (Mouvement des Droits de l’Homme), Luther Castillos (un dirigeant syndical), Rafael Alegrón (Via Campesina), César Han (Conseil Civique des Organisations des Peuples et des Indigènes du Honduras, CCOPIH), Andrés Pavón (CCOPIH), Marvin Ponce (CCOPIH), Salvador Zúñiga (CCOPIH) et Berta Cáceres (CCOPIH).

Les ambassadeurs du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua ont été détenus par des militaires masqués, qui les ont tabassés, puis relâchés. Exactement comme lors du coup d’Etat d’avril 2002, au Venezuela, la chaîne d’Etat – Canal 8 – a été fermée par les putschistes, qui ont également publié une fausse lettre de démission de Zelaya.

Il est évident que les Etats-Unis étaient au courant de la préparation de ce coup d’Etat. Des dirigeants du Congrès en avaient discuté avec des responsables de l’administration américaine. Echaudés par l’expérience du coup d’Etat d’avril 2002, au Venezuela, les Américains semblent leur avoir conseillé de poursuivre dans la voie d’un « coup constitutionnel » (empêcher la tenue du référendum), sans aller jusqu’à arrêter Zelaya, à ce stade. Malgré ces possibles désaccords tactiques, l’administration américaine et l’oligarchie du Honduras sont d’accord sur l’objectif du coup d’Etat : empêcher Zelaya de se maintenir au pouvoir et de poursuivre sa politique de réformes sociales.

La réaction d’Obama au coup d’Etat était très modérée. Il a appelé « tous les acteurs politiques et sociaux du Honduras à respecter les normes démocratiques et l’autorité de la loi », ajoutant que la situation « doit être réglée de façon pacifique, sans interférence extérieure ». Ainsi, alors qu’un président démocratiquement élu a été illégalement arrêté et expulsé de son pays, Obama appelle « tous les acteurs politiques et sociaux » à respecter les normes démocratiques. C’est un soutien implicite à l’argument des putschistes selon lequel Zelaya aurait violé la loi en cherchant à organiser un référendum.

En substance, la position des impérialistes est la suivante : on rejette le coup d’Etat, mais on en soutient l’objectif. Comme l’explique le quotidien réactionnaire El País, « ce qui est en jeu, finalement, c’est le rapport de force en Amérique latine. Si Zelaya était parvenu à rendre possible sa ré-élection, le chavisme aurait gagné du terrain en Amérique centrale. » C’est parfaitement clair. El País considère que le coup d’Etat n’était pas la meilleure méthode, mais soutient pleinement l’objectif de bloquer la progression du « chavisme » dans la région.

Il y a deux leçons majeures, dans les événements au Honduras. Premièrement, la classe dirigeante ne peut même pas tolérer les réformes progressistes les plus modestes. La lutte pour la santé publique, l’éducation, la réforme agraire, l’emploi et le logement ne peut être victorieuse que dans le cadre d’une lutte pour le socialisme. Deuxièmement, on ne peut mener une authentique révolution en laissant intact l’appareil d’Etat bourgeois, qui sera toujours utilisé, tôt ou tard, contre la volonté de la majorité du peuple.

Les organisations syndicales du Honduras, y compris la CGT, ont appelé à une grève générale contre le coup d’Etat. C’est la bonne réaction. Seule une mobilisation massive des travailleurs et des paysans peut faire échouer le coup d’Etat. Un appel à la base de l’armée est également nécessaire, pour inciter les simples soldats à refuser d’obéir aux ordres de leurs officiers. Hugo Chavez l’a dit dans ces termes : « Soldats, videz vos fusils sur l’oligarchie, pas sur le peuple ».

Nous devons un soutien sans faille aux travailleurs et aux paysans du Honduras dans leur lutte contre ce coup d’Etat. Nous en appelons au mouvement ouvrier international pour qu’il manifeste son opposition à ce coup. En particulier, les organisations ouvrières et paysannes d’Amérique centrale et du Mexique ont un rôle déterminant à jouer. Des manifestations et des rassemblements, devant les ambassades, encourageraient les masses du Honduras.

A bas le coup d’Etat réactionnaire au Honduras !
Mobilisation de masse et grève générale !
Soldats, tournez vos fusils contre vos officiers – et ralliez le peuple !

Source : La Riposte
Photo: Amerikenlutte




Le véritable message d'Obama à l'Amérique latine ?
De Nikolas Kozloff

Le dégel diplomatique entre le Venezuela et les États-Unis pourrait-ilconnaître une fin abrupte ? Lors du récent sommet des Amériques quis’est tenu à Port of Spain (Trinité-et-Tobago) Barack Obama a serré lamain du président vénézuélien Hugo Chávez et a déclaré qu’ilpoursuivrait une politique étrangère moins arrogante à l’égard del’Amérique latine.

Bâtissant sur cette manifestation de bonne volonté, le Venezuela et les États-Unis se sont dits d’accord pour réinstaller leurs ambassadeurs à la fin de la semaine dernière. De telles ouvertures diplomatiques ont constitué un contraste saisissant face à l’état misérable des relations durant les années Bush : il y a tout juste neuf mois, le Venezuela expulsait l’envoyé américain lors d’un bras de fer diplomatique. À l’époque, Chávez avait dit qu’il mettait l’ambassadeur américain dehors pour témoigner sa solidarité avec son allié de gauche, la Bolivie, qui avait également expulsé un important diplomate américain après l’avoir accusé d’ingérence politique flagrante dans les affaires internes de la nation andine.

Quelle que soit la bonne volonté présente la semaine dernière, elle pourrait toutefois être anéantie par les événements politiques turbulents que connaît le Honduras. À la suite du coup d’État militaire qui y a eu lieu dimanche, Chávez a accusé les États-Unis d’avoir contribué à la mise en scène du renversement du président hondurien Manuel Zelaya. « Derrière ces soldats, il y a les bourgeois honduriens, les riches qui ont transformé le Honduras en république bananière, en base politique et militaire au service de l’impérialisme nord-américain », a tonné Chávez. Le dirigeant vénézuélien a invité instamment les militaires honduriens à remettre Zelaya au pouvoir et a même brandi la menace d’une action militaire contre le régime putschiste si l’ambassadeur du Venezuela était tué ou si les troupes locales faisaient irruption dans l’ambassade du Venezuela. On raconte qu’au cours du coup d’État militaire, des soldats honduriens ont tabassé l’ambassadeur et l’ont abandonné sur le bas-côté d’une route.

Les tensions ont monté à un point tel que Chávez a désormais mis ses forces armées en alerte.

En surface, au moins, il semble improbable qu’Obama applique une politique étrangère américaine interventionniste en Amérique centrale. Ces quelques derniers mois, il est allé très loin pour « reprofiler » l’Amérique aux yeux du monde en tant que puissance raisonnable engagée dans une diplomatie respectueuse, opposée à un unilatéralisme débridé. S’il est jamais prouvé qu’Obama a autorisé le renversement d’un gouvernement démocratiquement élu, la chose saperait complètement l’image prudemment façonnée du gouvernement américain.

Officiellement, l’armée à écarté Zelaya du pouvoir en prétendant que le président hondurien a abusé de son autorité. Dimanche, Zelaya espérait pouvoir tenir un référendum constitutionnel qui aurait pu lui permettre de concourir pour sa réélection pour un autre mandat de quatre ans, un acte que la Cour suprême et le Congrès honduriens ont qualifié d’illégal. Mais, alors que la controverse à propos du référendum constitutionnel de Zelaya a certainement fourni le prétexte de l’intervention militaire, ce n’est un secret pour personne que le président était en désaccord avec l’élite hondurienne depuis ces quelques dernières années et qu’il était devenu l’un des critiques les plus virulents de Washington dans la région.

La montée de Zelaya

Zelaya, qui porte une épaisse moustache noire, des bottes de cow-boy et un large Stetson sur le crâne, a été élu fin 2005. À première vue, il était difficile de l’imaginer en tant qu’homme politique capable de faire des vagues. Propriétaire terrien issu d’une famille très riche, il s’était engagé dans l’industrie du bois de construction. Zelaya dirigeait le Parti libéral, l’un des deux partis politiques dominants au Honduras. Le président soutenait le Central American Free Trade Agreement (CAFTA – Accord libre-échangiste centre-américain) qui éliminait les barrières commerciales avec les États-Unis.

Malgré des penchants conservateurs initiaux, Zelaya a commencé à critiquer les puissants intérêts établis dans le pays, tels les médias et les propriétaires de maquiladoras, ces usines-bagnes qui produisaient des marchandises pour l’exportation dans les zones industrielles libres. Progressivement, il s’est mis à adopter certaines mesures socialement progressistes. Par exemple, il a instauré une augmentation salariale de 60 pour cent au moins, laquelle a mis en colère la riche communauté des affaires. La hausse du salaire minimal, a déclaré Zelaya, allait « forcer l’oligarchie des affaires à se mettre à payer des salaires honnêtes ». « Le présent gouvernement est un gouvernement de grandes transformations sociales et il s’est engagé pour les pauvres », a-t-il ajouté. Les syndicats ont célébré cette décision, ce qui n’est nullement surprenant, étant donné que le Honduras est le troisième pays le plus pauvre de l’hémisphère et que 70 pour cent de sa population vit dans la pauvreté. Quand les associations privées du monde des affaires ont annoncé qu’elles allaient attaquer le décret salarial du gouvernement devant la cour suprême du Honduras, le ministre de l’Emploi et du Travail de Zelaya a traité les critiques d’« exploiteurs cupides ».

Dans un autre geste qui doit avoir fait froncer pas mal de sourcils à Washington, Zelaya a déclaré, durant un meeting des fonctionnaires responsables de la lutte antidrogue des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, que la consommation de drogue serait légalisée afin de mettre un terme à la violence accompagnant la contrebande. Ces dernières années, le Honduras a été tourmenté par le trafic de drogue et par ce qu’on appelle les maras ou gangs des rues qui commettent de cruelles décollations, des viols ou arrachent les yeux de leurs victimes. « Au lieu de poursuivre les trafiquants de drogue, les sociétés devraient investir des fonds dans l’éducation des toxicomanes et dans la régression de leurs besoins », a déclaré Zelaya. Rodolfo Zelaya, chef d’une commission du Congrès hondurien sur le trafic de drogue, a rejeté les commentaires du chef d’État. Il a déclaré aux participants du meeting qu’il était « confus et abasourdi par ce qu’a dit le dirigeant hondurien ».

Zelaya et l’ALBA

Non content de cela, Zelaya s’est mis à mener une politique étrangère de plus en plus indépendante. Fin 2007, il s’est rendu à Cuba, pour le premier voyage officiel d’un président hondurien dans l’île communiste depuis 46 ans. Là-bas, Zelaya a rencontré Raul Castro afin de discuter de relations bilatérales et d’autres sujets d’intérêt mutuel.

Mais ce qui a réellement poussé Zelaya vers une voie de collision politique avec l’élite hondurienne, ç’a été sa décision de rallier l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (l’ALBA), une alliance de nations latino-américaines et caribéennes de gauche dirigée par Chávez. Le groupe commercial régional, comprenant le Venezuela, Cuba, le Nicaragua, la Bolivie et la Dominique cherche à contrer les plans libre-échangistes favorables aux sociétés multinationales et soutenus par les États-Unis. Depuis la création de l’ALBA en 2004, les pays qui en font partie ont fait la promotion d’usines et de banques alliées, ils ont créé un fonds alimentaire d’urgence et ont facilité les échanges de pétrole vénézuélien bon marché contre de la nourriture, des logements et des investissements dans l’éducation.

Dans une rupture emphatique avec les précédents dirigeants honduriens qui avaient été les vassaux serviles des États-Unis, Zelaya a déclaré : « Le Honduras et le peuple hondurien n’ont pas à demander la permission de rallier l’ALBA. » Prenant la parole dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa, devant une foule de 50.000 syndicalistes, des groupes de femmes, des paysans et d’indigènes, Chávez avait fait remarquer que le Venezuela allait garantir du pétrole bon marché au Honduras pour « au moins un siècle ». En signant son adhésion à l’ALBA, Zelaya était en mesure d’assurer un accès à des lignes de crédit, à l’énergie et à des bénéfices alimentaires. Pour montrer sa bonne foi, Chávez était d’accord de laisser tomber la dette hondurienne de 30 millions de dollars envers le Venezuela.

Mettant en colère l’élite locale, Chávez déclarait que les Honduriens qui s’opposaient à l’ALBA étaient des « vendus ». « Je ne suis pas venu ici pour me mêler des affaires internes », poursuivait-il, « mais (…) je ne puis m’expliquer comment un Hondurien pourrait être hostile à l’adhésion de son pays à l’ALBA, la voie du développement, la voie de l’intégration. » Chávez fustigeait la presse hondurienne qu’il qualifiait de pitiyanqui (minable imitatrice des Yankees) et d’« abjecte lèche-cul des Yankees ». De son côté, Zelaya déclarait : « Nous n’avons besoin de la permission de personne pour signer cet engagement. Aujourd’hui, nous faisons un pas en avant pour devenir un gouvernement de centre-gauche et si cela déplaît à qui que ce soit, eh bien, qu’il laisse tout simplement tomber le mot « centre » pour conserver le deuxième. »

Il ne fallut pas attendre longtemps avant que le monde des affaires privées se mît à attaquer amèrement Zelaya pour avoir placé le Honduras dans l’orbite de Chávez. En ralliant l’ALBA, prétendirent les représentants des affaires, le président mettait en danger la libre entreprise et le CAFTA conclu avec les États-Unis. L’ancien président Ricardo Maduro prétendit même que les États-Unis pourraient exercer des représailles contre le Honduras en expulsant les immigrés honduriens de leur territoire. « Ne mordez pas la main qui vous nourrit », prévenait Maduro, faisant allusion à Washington. Zelaya fut piqué au vif par les critiques. « Quand j’ai rencontré (le président américain) George W. Bush », dit-il, « personne ne m’a traité d’anti-impérialiste et la communauté des affaires m’a acclamé. Maintenant que je rencontre les peuples appauvris du monde, on me critique. »

La lettre de Zelaya à Obama

En septembre 2008, Zelaya donnait un coup de canif aux relations avec les États-Unis en reportant l’accréditation du nouvel ambassadeur des États-Unis par solidarité avec la Bolivie et le Venezuela qui venaient tout juste de connaître des querelles diplomatiques avec Washington. « Nous ne rompons pas les relations avec les États-Unis », déclarait Zelaya. « Nous n’agissons de la sorte que par solidarité avec (le président bolivien) Morales, qui a dénoncé les ingérences américaines dans les affaires internes de la Bolivie. » Pour justifier sa décision, Zelaya déclara que les petites nations devaient se coller l’une à l’autre et s’unir. « Les puissances mondiales doivent nous traiter honnêtement et avec respect », ajouta-t-il.


En novembre, Zelaya applaudit à l’élection d’Obama aux États-Unis, disant que c’était « un espoir pour le monde » mais, deux mois plus tard exactement, des tensions apparaissaient déjà. Dans une lettre audacieuse adressée personnellement à Obama, Zelaya accusait les États-Unis d’« interventionnisme » et demandait à la nouvelle administration de Washington de respecter le principe de non-ingérence dans les affaires politiques d’autres pays. Selon l’agence de presse espagnole EFE, qui a vu une copie de la note, Zelaya disait à Obama qu’il n’avait pas l’intention de dire au président américain ce qu’il devait ou ne devait pas faire.

Toutefois, il continuait en le lui disant bel et bien. En premier lieu, Zelaya mit sur le tapis le problèmes des visas américains et pressa Obama de « revoir la procédure par laquelle les visas étaient reportés ou refusés à des citoyens de diverses parties du monde en tant que moyen de pression contre ces peuples qui ont des conceptions ou idéologies différentes qui ne posent toutefois pas de menace pour les États-Unis ».

Comme si ce n’était pas encore assez insolent, Zelaya passait alors au trafic de drogue : « La lutte légitime contre le trafic de drogue (…) ne devrait pas être utilisée comme une excuse pour appliquer des mesures interventionnistes dans d’autres pays. » « La lutte contre la contrebande de drogue, écrivait Zelaya, ne devrait pas être séparée d’une politique vigoureuse de contrôle de la distribution et de la demande des consommateurs dans tous les pays, de même que du blanchiment d’argent qui s’opère à travers des circuits financiers et qui impliquent des réseaux au sein des pays développés. »

Zelaya parlait également de « la nécessité urgente de revoir et de transformer la structure des Nations Unies, et de résoudre les problèmes du Venezuela et de la Bolivie par le dialogue qui produit de meilleurs fruits que la confrontation ». L’embargo cubain, en attendant, « était un instrument inutile » et « un moyen de pression injuste en même temps qu’une violation des droits de l’homme ».

La montée vers le coup d’État de juin

On ne sait pas très bien ce qu’Obama peut avoir fait de la lettre audacieuse que lui a adressée le dirigeant d’un petit pays de l’Amérique centrale. Il semble toutefois que Zelaya ait été quelque peu désenchanté par la nouvelle administration de Washington. Il y a tout juste trois mois, le président hondurien a refusé d’assister à une réunion du Système d’intégration centre-américaine (SICA) qui aurait réuni les présidents centre-américains et le vice-président américain Joe Biden à San José, au Costa Rica.

Aussi bien Zelaya que le président Daniel Ortega du Nicaragua ont boycotté la réunion, la considérant comme un affront diplomatique. C’est actuellement le Nicaragua qui détient la présidence du SICA et, de la sorte, le cours normal de l’action aurait été, pour Biden, de demander à Ortega qu’il organise la réunion. L’économiste sandiniste et ancien ministre nicaraguayen du Commerce extérieur Alejandro Martínez Cuenca a déclaré que les États-Unis avaient loupé une occasion vitale d’encourager une nouvelle ère de relations avec l’Amérique centrale en « faisant passer la priorité des relations personnelles avec (le président costaricain) Arias avant le respect de l’ordre institutionnel de l’Amérique centrale ».

Tous les tiraillements diplomatiques entre Tegucigalpa et Washington peuvent-ils avoir monté l’administration Obama contre Zelaya ? Dans les prochains jours, beaucoup d’attention et de curiosité iront au rôle de Romeo Vasquez, un général qui a dirigé le coup d’État militaire contre Zelaya. Vasquez est un diplômé de la tristement célèbre Ecole des Amériques, aux États-Unis, une institution qui a enseigné la torture aux militaires latino-américains.

Devons-nous croire que les États-Unis n’ont joué aucun rôle dans la coordination avec Vasquez et les auteurs du putsch ? Les États-Unis ont eu des liens militaires de très longue durée avec les forces armées honduriennes, particulièrement au temps de la guerre des Contras au Nicaragua, dans les années 80. La Maison-Blanche, inutile de le dire, a rejeté les allégations disant que les États-Unis avaient joué un rôle dans cette affaire. Le New York Times a rapporté des allégations disant que l’administration Obama savait qu’un coup était imminent et qu’elle avait tenté de persuader les militaires de faire marche arrière. Le journal écrit que ce sont les militaires honduriens qui ont rompu les discussions avec les officiels américains. Obama lui-même a emprunté la voie royale en faisant remarquer : « J’appelle tous les acteurs politiques et sociaux du Honduras à respecter les normes démocratiques (et) le pouvoir de la loi. (…) Toutes tensions et querelles existantes doivent être résolues pacifiquement, via un dialogue libre de toute interférence de l’extérieur. »

Même si l’administration Obama n’a pas joué un rôle en sous-main dans cette affaire, le coup d’État hondurien jette un puissant éclairage sur les tensions géopolitiques dans la région. Ces dernières années, Chávez a cherché à étendre son influence sur les nations plus petites de l’Amérique centrale et des Caraïbes. Le dirigeant vénézuélien ne montre pas l’intention de faire marche arrière à propos du coup d’État hondurien et fait remarquer que les nations de l’ALBA « ne reconnaîtront aucun gouvernement (hondurien) autre que celui de Zelaya ».

Chávez a ensuite raillé le président hondurien intérimaire, Roberto Micheletti. « M. Roberto Micheletti va soit se retrouver en prison ou il va lui falloir choisir l’exil. (…) S’ils l’intronisent, nous le renverserons, notez bien ce que je dis. Thugetti (thug = homme de main), comme je vais vous appeler désormais, vous feriez mieux de préparer vos bagages, parce que vous allez soit vous retrouver en taule, soit partir pour l’exil. Nous n’allons pas pardonner votre erreur, vous allez devoir être balayé de là. Nous ne laisserons pas passer une telle chose, nous allons vous rendre la vie impossible. Le président Manuel Zelaya doit rependre son poste de président. »

Avec les tensions qui s’accroissent très fortement, les chefs d’État des nations de l’ALBA ont souhaité se rencontrer à Managua pour discuter du putsch au Honduras. Zelaya, qui a été exilé du Honduras vers le Costa Rica, prévoit de gagner le Nicaragua pour discuter avec ses collègues. Avec une telle unité politique au sein des nations de l’ALBA, Obama va devoir décider quelle sera la position publique des États-Unis.

Nikolas Kozloff est l’auteur de Revolution! South America and the Rise of the New Left (Révolution / L’Amérique du Sud et la montée de la nouvelle gauche) (Palgrave-Macmillan, 2008) consultez son blog sur senorchichero.blogspot.com

Traduit par Jean-Marie Flémal et révisé par Benoit Collet pour Investig'Action.

Source Michel Collon

jeudi 2 juillet 2009

Manifestation contre une société israélienne

Reportage Al jazeera sur la mobilisation contre Agrexco

Nous vous proposons cette vidéo qui reprend la traduction du reportage de la chaîne Al Jazeera retraçant la mobilisation contre le projet Agrexco. Ce reportage a été diffusé sur cette chaîne les 26 et 27 juin 2009.
Le combat contre l'installation de la société criminelle israélienne Agrexco n'est qu'à ses débuts. Il ne va pas falloir lâcher l'affaire car notre dignité envers le peuple palestinien en dépend!
No pasaran...


Reportage Al jazeera sur la mobilisation contre Agrexco
envoyé par magog -

Je remercie particulièrement le site de « La feuille de chou » qui m’a fourni l'information.

Niger la constitution bafoué

Tout comme au Honduras le Niger subit la même politique. Voici un texte publié sur le site Issikta Touaregs.


La Constitution contre le coup d’État
de Mamoudou Gazibo
Professeur agrégé de science politique
Université de Montréal, Canada

Tandja Mamadou vient finalement de poser la dernière pierre de son coup d’État en recourant illégalement à l’article 53 de la Constitution et en usurpant le pouvoir que la Constitution ne lui reconnaît pas de dissoudre la Cour Constitutionnelle. Le refus de se conformer aux arrêts de la Cour Constitutionnelle étant un motif de destitution, ses décisions n’engagent plus le Niger et en droit, la présidence de la République du Niger est vacante. Sur le plan juridique, le recours à l’article 53, la dissolution de la Cour comme tous les actes que Tandja posera à l’avenir sont donc nuls et de nul effet. Tous les acteurs doivent considérer que la Cour Constitutionnelle en particulier n’a pas cessé d’exister. Le FDD est parfaitement en droit d’exiger la démission de quelqu’un dont le pouvoir ne repose désormais ni sur la légalité, ni sur la légitimité, mais sur la force. La question est maintenant de savoir ce qu’il convient de faire.

Les forces républicaines et démocratiques ont utilisé les recours légaux et constitutionnels pour l’amener au respect de la Constitution. Elles l’ont même ménagé en lui offrant toutes les possibilités de sortir honorablement de ce triste engrenage. Mais c’est sans compter avec le fait que lui et ses complices jouent hors jeu, à l’image de beaucoup de dirigeants africains que les spécialistes de science politique appellent des chefs néopatrimoniaux. Peu soucieux de la paix et de la sécurité de leurs concitoyens, les chefs néopatrimoniaux préfèrent la stratégie de la terre brûlée. N’ayant pas la vision des hommes d’État et aveuglés par le pouvoir et ses fastes, ils ne se soucient pas de la façon dont l’histoire les jugera. De ce fait, ils n’hésitent pas à plonger leur pays dans les calamités les plus monstrueuses. C’est pour cela que les dirigeants africains ont plus souvent leur nom au panthéon de l’infamie que dans les temples de la gloire.

Ce que l’histoire récente nous montre, c’est que pour ce genre de dirigeants, l’État est un patrimoine privé qu’ils ne conçoivent céder à personne d’autre. Ils s’auto-convainquent d’être indispensables, opportunément aidés en cela par les spécialistes en flatterie qui redoublent d’autant plus d’ardeur que, parvenus au sommet par hasard, ils ne peuvent rien espérer par leur mérite personnel. Les chefs néopatrimoniaux se plaisent à confondre leur sort individuel avec le sort de leur pays et de ce fait, ne quittent le pouvoir que si on les accule. Ils promettent chantiers et paradis, mais n’apportent que misère et servitude comme on l’a déjà vu avec Bokassa en Centrafrique, Mobutu au Zaïre ou Omar Bongo au Gabon. Si ce funeste projet devait réussir, le Niger aurait aussi son Bongo, qui ne quittera le pouvoir qu’à sa mort, après avoir ruiné le pays et tué tout espoir démocratique.
Le Niger cependant n’est pas le Gabon et la question n’est pas de savoir si Tandja partira, mais dans quelles conditions il partira car aucun pouvoir ne peut durer sans le consentement des gouvernés. Il faut donc réfléchir dès maintenant à l’après Tandja pour que ce soit le moins dommageable pour notre pays et qu’on en sorte renforcés et non pas détruits. De nombreux cas récents montrent les dérives auxquelles l’entreprise en cours au Niger peut mener. En Roumanie en 1989, des citoyens excédés auxquels se sont ralliées les forces de l’ordre ont organisé une marche sur la présidence pour en extirper le dictateur. Celui-ci a été sommairement jugé et exécuté, mais le pays a mis des années à émerger du chaos. Plus près de nous, les évènements survenus le 28 juin dernier au Honduras nous interpellent plus encore en raison de la similarité de sa situation avec la notre. Dans ce petit pays d’Amérique centrale, le Tandja local qui voulait aussi organiser un référendum pour se maintenir au pouvoir malgré un arrêt de la Cour suprême le déclarant illégal, vient d’être arrêté par l’armée à la demande du pouvoir judiciaire et expulsé au Costa Rica. Mais comme il a divisé le pays de la même manière que Tandja Mamadou est en train de le faire au Niger, cette solution n’a pas pour autant réglé les problèmes du Honduras, qui est aujourd’hui au bord de la guerre civile.

En affichant ainsi son mépris pour le Niger, ses institutions et son peuple, Tandja Mamadou est désormais un simple citoyen que seule la force maintient au pouvoir. Mais comme il devrait le savoir, « on peut tout faire avec les baïonnettes sauf s’asseoir dessus ». Le devoir de tous les citoyens nigériens aujourd’hui est de résister à la tyrannie en travaillant sans relâche et avec tous les moyens que leur confère la Constitution pour faire échec au coup d’État afin que force puisse rester à la loi, seule véritable rempart contre l’arbitraire. L’histoire montre en effet que les dictatures perdurent moins grâce à leur force qu’en raison de la peur et de l’inaction des dominés. Cette situation interpelle particulièrement nos autres concitoyens que sont les militaires, gendarmes et policiers sur lesquels il pense s’adosser pour usurper à vie le pouvoir et réprimer la contestation qui ne manquera pas de monter les jours à venir. Ils doivent se regarder dans un miroir et se demander s’ils sont des miliciens au service d’un homme ou des soldats et des hommes d’honneur. S’ils sont prêts à réprimer leurs frères et soeurs pour que les intérêts d’un homme prévalent, c’est qu’ils sont des miliciens. S’ils sont des soldats, ils défendront la Constitution, la Cour Constitutionnelle et la population. Comme n’importe quel citoyen, ils ne sont pas seulement dotés du droit, mais ils sont surtout astreints au devoir constitutionnel de faire échec à la tyrannie.Il faut toutefois que les choses soient claires. Les nigériens ne veulent pas échapper à un Tandja élu mais qui veut entreprendre une carrière de dictateur pour tomber sous la coupe d’un dictateur militaire. L’ère des dictatures civiles comme des régimes militaires est révolue et il n’est nullement question à mes yeux pour les militaires de prendre le pouvoir, de suspendre la Constitution et de lancer une nouvelle transition à l’image de ce qui a été fait en 1996 et en 1999. Les institutions nigériennes de 2009 sont solides et fonctionnent très bien comme l’ont prouvé la Cour Constitutionnelle, la CENI et le FDD qui se sont scrupuleusement conformés aux procédures légales et constitutionnelles. Le Niger n’est pas dans une crise institutionnelle justifiant une prise de pouvoir par l’armée, ou une refonte des institutions. Le problème, ce sont les violeurs en série de la Constitution et en premier chef, Tandja Mamadou que seule l’utilisation à des fins privées de la force publique protège de la prison. Dans l’après Tandja qui est inéluctable, il faudra veiller à l’application scrupuleuse du schéma prévu à l’article 42 de la Constitution : la présidence de la République par intérim doit être confiée à la présidente de la Cour Constitutionnelle puisqu’en droit celle-ci n’est nullement dissoute; et des élections doivent être organisées dans les délais prévus de 45 jours au moins et 90 jours au plus.

Source Issikta Touaregs


mercredi 1 juillet 2009

Hommage à Carlo Giuliani 23 ans mort au sommet du G8

Ce clip a été monté à partir d'images amateurs utilisées dans un reportage diffusé sur Arte (ce qui explique l'apparition parfois de sous-titres jaunes). Ce montage se focalise sur la répression policière qui fut tellement violente qu'elle causa la mort d'un jeune homme de 23 ans : Carlo Giuliani. La musique a été choisie pour illustrer la folie qui s'est emparée des CRS italiens ce jour-là.


MORT DE CARLO GIULIANI, G8 de Gênes (clip)
envoyé par StBrd -

Je remercie le site de Chien Guevarra pour ce rappel historique.

Iran: Neda une mort de plus en plus suspecte

Neda : Une Mort hypermédiatisée de plus en plus suspecte


À droite Hejazi, à gauche le professeur de musique de Neda

Les Médias occidentaux ont fait grand cas du témoignage du « médecin », en oubliant de préciser qu'il est surtout connu comme auteur de romans fiction, apparemment doué de toutes les qualités pour faire un bon scénariste.

Retour sur la Mort la plus médiatisée au monde début 2009 — Témoignages contradictoires

Après la mort, la plus médiatisée au monde début 2009, de la jeune Iranienne, Neda, les Médias occidentaux se sont empressés de donner la parole au « Docteur » qui se trouvait « au bon endroit au bon moment » c'est-à-dire sur place là où la jeune fille a été tuée d'une balle dans le dos, Hejazi étant intervenu pour la « secourir ». Il s'est empressé ensuite de fuir l'Iran pour revenir en Grande-Bretagne où il séjourne, et a dit s'être rendu à Téhéran pour affaires. Lui et sa famille habitent à Oxford où il étudie.

Hejazi a accusé les milices basij d'avoir tué Neda, ce que les médias occidentaux n'ont pas manqué de relayer. Ainsi, le quotidien français Le Monde titrait le 26/06/09 « Iran : le médecin qui a tenté de sauver Neda accuse les bassidjis ». Mais c'est encore la BBC qui a donné l'assaut médiatique lors d'une interview de ce même Hejazi publié jeudi dernier où il accuse les milices basij et confirme « l'authenticité de la vidéo » assurant qu'elle a été tournée par un de ses amis. Il affirme avoir assisté à la manifestation avec des amis et explique qu'après « un mouvement de panique provoqué par une charge de la police et des gaz lacrymogènes, il a entendu un coup de feu ». Il ajoute ensuite que les manifestants ont d'abord cru que le coup de feu était parti d'un toit proche, mais qu'ensuite ils ont aperçu un membre de la milice Basij sur une moto, l'ont arrêté et désarmé. Ce dernier aurait crié toujours selon Hejazi « je ne voulais pas la tuer, je ne voulais pas la tuer ». Les manifestants auraient ensuite confisqué la pièce d'identité du milicien puis l'auraient laissé partir. Il a ajouté que « Les bassidjis sont une force armée, et ils ne suivent pas les règles qui s'imposent à la police. La police ne tire pas sur les gens, mais ces gens-là le font ».

Les affirmations d'Hejazi contredisent deux autres témoignages, dont celui du professeur de musique de Neda qui l'accompagnait lorsqu'elle a été tuée. D'abord, Neda a été tué par une arme de petit calibre, type d'arme que les forces de police iranienne n'utilisent pas. Ensuite en ce qui concerne les miliciens Basij, eux non plus n'ont pas l'autorisation de port d'armes. En Iran, à l'inverse de ce qui se passe aux États-Unis, le port d'armes est strictement réglementé. Selon ces deux témoins, Neda se trouvait dans un endroit à l'écart des manifestations où il n'y avait pas de forces de police déployées ni de miliciens Basij. L'un de ces deux témoins, son professeur de musique (que l'on voit dans la vidé vêtu d'un polo à rayures bleues et blanches) a dit à PressTV, un chaîne télé iranienne avec un site internet en anglais « il n'y avait pas de signe de protestation, nous avons traversé la rue pour prendre un taxi de l'autre côté... Quand nous y sommes arrivés, on a entendu le bruit d'un tir. Il n'y avait pas de tirs à cet endroit... il n'y avait pas de forces de sécurité dans la rue. Il y avait environ 20, 30 personnes dans cette rue. On a entendu un coup et cette balle a touché Neda. »

Enfin, on peut se poser la question suivante :

Pourquoi les manifestants ayant arrêté l'assassin présumé de Neda le laissent-ils partir après lui avoir pris sa carte d'identité? Cette histoire est pour le moins douteuse.

Arras Hejazi plus connu comme auteur de fictions que comme « médecin ».

Ce que les médias occidentaux ont oublié de préciser, ou l'ont fait vaguement comme Le Monde qui le présente comme éditeur, c'est qu'Arras Hejazi est surtout connu comme romancier iranien, son roman le plus côté étant « The Princess of the Land of Eternity ».

Bien qu'ayant étudié la médecine et consacré sa thèse au sujet suivant : « Les influences des contes sur les désordres anxiogènes des enfants », sa fiche sur Wikipédia en dit long surtout sur ses talents littéraires. Il est renommé pour ses romans de fiction, mais fait également des traductions en Anglais, Portugais et Perse (D'où ses liens avec l'écrivain Paulo Coelho qui lui a apporté son soutien). Il est également éditeur dans « Caravan Books Publishing House (Iran) et le Magazine “Book Fiesta”. Il a obtenu un prix de l'International Publisher's Association en 2006. Il est membre de la » Tehran Union of Publishers and Booksellers (TUPB) et a eu son propre journal, Sanat-e-Nashr (Publishing Industry), de 2006 à 2007. Il étudie actuellement la publication à l'Université Oxford Brookes en Grande-Bretagne.

Parmi ses romans de fiction

The Grief of The Moon, novel, Tehran, 1994.
The Princess of the Land of Eternity, novel, Caravan Books Publishing House, Tehran, 2004.
The Cave, Short story, Jashne Ketab Literary Magazine, 2003.
The Dark Hate, Short Story, Book Fiesta Magazine, 2007.

Arras Hejazi affirme que c'est l'un de ses amis qui a tourné la vidéo. Celle ci a été mise en ligne par un autre iranien exilé qui vit aux Pays-Bas, Hamed Rad, qui lui se trouve être concepteur graphique et qui de par son activité professionnelle peut être en contact avec Hejazi.

En résumé : une vidéo tournée par un ami d'un écrivain iranien célébré pour ses romans de fiction, mis en ligne par un iranien concepteur graphique.

Conclusions provisoires : un assassinat et une vidéo de plus en plus suspects.

Information complémentaire

Les responsables iraniens ont accusé la Grande-Bretagne d'être impliquée dans les émeutes post électorales et plusieurs employés locaux de l'ambassade britannique à Téhéran ont été arrêtés et interrogés, la plupart depuis ayant été relâchés.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad vient de demander aux autorités judiciaires iraniennes d'ouvrir une enquête sur la mort de Neda Aqa - Soltan. Dans une lettre adressée au chef de l'autorité judiciaire, l'Ayatollah Mahmoud Hashemi — Shahroudi, Ahmadinejad a demandé à ce qu'une enquête sérieuse soit conduite sur la mort « suspecte » de Neda et de mettre tout en oeuvre pour retrouver le ou les auteurs de ce meurtre.

Les Médias occidentaux ont accusé les forces de police et les milices Basij d'être responsables de la mort de plusieurs personnes lors des manifestations post électorales en Iran. Plusieurs personnes portant des uniformes de la police et des milices Basij, qui s'étaient mêlées aux manifestants et avaient provoqué de graves incidents, ont été arrêtées. Le commandant des Basij, Hossein Taeb, a affirmé lundi que 8 membres des Basij avaient été tués et plus de 300 autres blessés.

L'ambassadeur iranien au Mexique, Mohammad Hassan Ghadiri, l'un des rares représentants iraniens a avoir été interviewé par un Média occidental, CNN, sur la mort de Neda, a dit que :

« Cette mort est très suspecte ».

« Ma question est, comment se fait-il, qu'on ait tiré sur cette Miss Neda par-derrière, devant plusieurs caméras, et qu'on lui ait tiré dessus dans une zone ou il n'y avait pas de présence significative de manifestants?

“Bon si la CIA veut tuer certaines personnes et attribuer leur assassinat à des éléments gouvernementaux, alors choisir des femmes est un choix approprié, car la mort d'une femme attire plus de sympathie”

» Ce sont les méthodes que des terroristes, la CIA et des services secrets utilisent". Bien sûr ils aimeraient voir du sang répandu lors de ces manifestations pour pouvoir l'utiliser contre la République Islamique d'Iran. C'est l'un des moyens habituels utilisés par la CIA dans différents pays.

« Je ne dis pas que ce soit la CIA qui ait fait cela. Il y a différents groupes. Ce pourrait être l'oeuvre d'autres services secrets, ce pourrait être la CIA, cela peut être des terroristes. »

C'est aussi possible que ce soit un acte commis par des terroristes du groupe MEK ou Jundallah infiltrés en Iran, et commandité par la CIA.

Bien sûr, la CIA par la voix de son porte-parole, George Little, s'est empressée de démentir cette accusation disant qu'une telle accusation était absurde et agressive. Mais on sait à l'évidence que la CIA ne reconnaît jamais ses coups tordus et que le public en prend connaissance des années plus tard quand les dossiers estampillés ultra-secrets deviennent accessibles à tous.

L'affaire Neda vient rejoindre la liste particulièrement longue de ces assassinats politiques commis par des agents US ou des malfrats qu'ils paient pour cela.

Mais, comble de cynisme, ce dernier, le meurtre en pleine rue d'une jeune fille iranienne, porte la marque « Obama », un président américain porté au pouvoir grâce aux voix des anti guerre US.

Belles prises pour le Chicago Gang d'Obama.

Source Planete non-violence

Le Hezbollah, une menace selon Michael Chertoff

La propagande des néoconservateurs Américains poursuit son petit chemin tranquillement avec l'appui des sionistes. L'article qui suit en dit long.


Le Hezbollah, une menace plus grande qu'Al Qaeda?

Le mouvement chiite Hezbollah pourrait constituer dans les années à venir une menace bien plus importante pour les États-Unis que le réseau terroriste Al Qaeda, prévient l'ancien secrétaire américain à la Sécurité intérieure Michael Chertoff dans un livre à paraître.

Celui qui a dirigé sous l'administration du président George W. Bush les efforts destinés à prévenir une attaque terroriste sur le sol américain du type de celle du 11 septembre 2001 estime que le Hezbollah est mieux équipé, mieux entraîné et dans une position politique bien meilleure que ne l'est Al Qaeda.

« Al Qaeda et son réseau constituent pour nous la menace immédiate la plus sérieuse, mais ils ne devraient pas être pour nous la menace la plus sérieuse à long terme », écrit M. Chertoff dans un livre à paraître en septembre et dont l'AFP s'est procuré une ébauche.

Le mouvement libanais, qui figure sur la liste américaine des organisations terroristes, « est opérationnel depuis plus d'un quart de siècle et a développé des capacités dont Al Qaeda peut seulement rêver, dont un important nombre de missiles et d'explosifs hautement sophistiqués », écrit M. Chertoff.

Selon lui, le mouvement soutenu notamment par l'Iran dispose de « membres uniformément bien entraînés et d'une force exceptionnellement bien disciplinée de près de 30 000 combattants, ainsi que d'une influence politique extraordinaire ».

Selon l'ancien secrétaire américain à la Sécurité intérieure, le Hezbollah est derrière les attentats qui ont fait 200 morts parmi les Marines américains à Beyrouth en 1983 et derrière ceux qui ont fait plus de 20 morts en Arabie saoudite en 1996.

« Alors que le Hezbollah n'a pas mené d'attaques aux États-Unis mêmes, il a renforcé sa présence dans les pays occidentaux et en particulier en Amérique du Sud », selon Michael Chertoff, pour qui le mouvement est responsable des attentats contre des cibles israéliennes et juives à Buenos Aires dans les années 1990.

Source La Presse

mardi 30 juin 2009

Honduras : Manuel Zelaya poursuivi

Manuel Zelaya poursuivi au Honduras, acclamé à l'ONU
de Ana Fernandez
Tegucigalpa

Le Honduras a lancé mardi un mandat d'arrêt contre le président déchu Manuel Zelaya, au moment même où ce dernier recevait un soutien international unanime à la tribune des Nations unies.

M. Zelaya, renversé dans un coup d'Etat dimanche, sera arrêté «immédiatement» s'il revient au pays, où il est notamment poursuivi pour dix-huit crimes dont «haute trahison», «corruption» et «usurpation de fonctions», a déclaré le procureur général, Luis Alberto Rubi.

Au pouvoir depuis 2006, le président hondurien a été destitué pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.

Depuis son exil, il a annoncé son intention de revenir jeudi achever son mandat au Honduras, avec une délégation de l'Organisation des Etats Américains (OEA) accompagnée par la présidente argentine Cristina Kirchner.

A New York, l'assemblée générale de l'ONU a réitéré, en sa présence, dans une résolution adoptée par acclamation, sa condamnation du «coup d'Etat dans la République du Honduras» et exigé son retour au pouvoir.M. Zelaya a souligné qu'il refuserait d'assumer un second mandat dans son pays si on le lui demandait. «Je vais assumer mon mandat jusqu'au 27 janvier» 2010, a déclaré le dirigeant, élu pour un seul mandat de quatre ans.

Attendu mercredi à Washington, il devrait «probablement» rencontrer des responsables du département d'Etat américain, mais aucun entretien avec le président Barack Obama n'est prévu, a indiqué la Maison Blanche.Les Etats-Unis ont toujours des installations militaires au Honduras, un pays pauvre de 7,5 millions d'habitants, utilisé comme base contre la guérilla en Amérique centrale dans les années 80.

Cependant à Tegucigalpa, des milliers de manifestants anti-Zelaya exprimaient leur soutien au nouveau gouvernement, tandis qu'une contre-manifestation de ses fidèles, «plus de 10 000» selon un de leurs représentants, se dirigeait vers le centre de la capitale.

Des enseignants et des ouvriers tiennent un rallye pro-Zelaya dans le centre-ville de Tegucigalpa..

Désigné par intérim à la tête de l'Etat, l'ex-président du Congrès, Roberto Micheletti, a remercié «les Honduriens courageux» qui défendent «la démocratie, la paix et la tranquillité dans ce pays», dans un discours sur la place centrale de la ville. «Ce n'est pas un coup d'Etat», et «Zelaya, ne reviens pas», ont crié ses partisans.


La veille, des affrontements entre partisans du président évincé et l'armée avaient fait des blessés devant le palais présidentiel, 18 chez les militaires, selon l'armée, et 276 parmi les manifestants, selon leurs organisations.

M. Micheletti, qui bénéficie du soutien de la majorité de la classe politique et des médias, des chefs d'entreprise et d'une partie de la population, a répété qu'il n'y avait «pas eu de coup d'Etat». Dans un entretien à la radio colombienne Caracol, il a aussi confirmé le mandat d'arrêt contre le président déchu. «Les tribunaux de mon pays ont ordonné son arrestation car il a violé les lois», a-t-il dit.

Le net virage à gauche de M. Zelaya après son élection comme candidat de droite a hérissé une frange de la société hondurienne conservatrice. Avant la résolution de l'ONU, en sa faveur, M. Zelaya avait d'ailleurs déjà obtenu un appui sans faille de ses alliés «gauchistes» de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Venezuela, Cuba, Nicaragua, Bolivie ou encore Equateur), qui ont rappelé leurs ambassadeurs.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a aussi jugé mardi «urgent et nécessaire» pour les pays de l'UE de rappeler en consultations leurs ambassadeurs au Honduras.

Source La Presse



Putsch au Honduras
envoyé par nocommenttv - L'info internationale vidéo.

À voir ce vidéo, Coup d'état contre Chavez, tres intéressant dans le contexte actuel: The Revolution will be not televised - Coup d'Etat contre Hugo C...

lundi 29 juin 2009

Honduras: Soutien au président Manuel Zelaya

Manuel Zelaya obtient un soutien international
de Ana Fernandez

De violents heurts ont éclaté lundi dans la capitale du Honduras, faisant plusieurs blessés au lendemain du coup d'Etat militaire contre le président Manuel Zelaya qui, en exil, a obtenu un soutien très ferme des Etats-Unis et de toute l'Amérique latine.

Les affrontements ont opposé les partisans du chef d'Etat déchu, expulsé manu militari du pays dimanche, à des soldats qui gardaient l'accès au palais présidentiel à Tegucigalpa.Les soldats ont tenté de déloger des barricades édifiées devant le bâtiment, en tirant des tirs lacrymogène sur des centaines de manifestants qui ont riposté par des jets de pierre.

«Il y a des troubles. La police est en train de le réprimer. On entend des coups de feux (...). Il y a des blessés partout: des civils, des militaires, des policiers», a rapporté le photographe de l'AFP.Des dizaines de jeunes au visage masqué, armés de barre de fer et de bâton, s'étaient réunis dès l'aube pour exiger le retour au pouvoir de M. Zelaya. Plusieurs commerces ont aussi été saccagés.

Les autorités ont réduit au silence les télévisions et radios publiques, favorables au gouvernement déchu tout comme la chaîne américaine CNN, depuis qu'elle a mis en doute la version officielle sur le retrait volontaire du président élu.

M. Zelaya, un dirigeant de gauche au pouvoir depuis 2006, avait été destitué pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.

Désigné par intérim à la tête du pays de 7,5 millions d'habitants jusqu'à la prise de fonction du prochain chef d'Etat en janvier 2011, le président du Congrès, Roberto Micheletti a commencé à former son gouvernement, après avoir décrété 48 heures de couvre feu.

Le concert de protestations de la communauté internationale contre le putsch des militaires honduriens n'avait pas dégonflé lundi.Le président américain Barack Obama a affirmé que l'éviction de M. Zelaya n'était «pas légale», dénonçant «un précédent grave». «Le président Zelaya a été démocratiquement élu. Il n'a pas fini son mandat», a-t-il lancé.Les Etats-Unis possèdent toujours des installations militaires dans ce pays, utilisé comme base anti-guérilla en Amérique centrale dans les années 80.

Lors d'un sommet spécial au Nicaragua, les dirigeants de la gauche radicale latino-américaine ont apporté un soutien encore plus marqué à Zelaya, venu leur rendre visite dans ce pays voisin du Honduras. «Face au gouvernement dictatorial qui prétend s'imposer, les pays de l'Alba ont décidé de retirer leurs ambassadeurs et de réduire à sa plus simple expression leur représentation diplomatique à Tegucigalpa», précise l'Alliance bolivarienne pour les Amériques dans une motion.

Fondée par le Venezuela et Cuba, l'Alba, rejointe par le Honduras, réunit leurs principaux alliés de la gauche anti-libérale en Amérique latine comme le Nicaragua, l'Equateur et la Bolivie.

Les dirigeants d'Amérique centrale ont appelé à isoler le nouveau régime issu du putsch. Réunis pour un sommet du Système d'intégration centre-américain (Sica), également au Nicaragua, ils ont demandé aux organismes financiers internationaux de «suspendre immédiatement tous les prêts» au Honduras.

Après Managua, le président évincé se rendra à New York pour défendre sa cause mardi devant l'Assemblée générale des Nations unies, à l'invitation du président de l'Assemblée, Miguel d'Escoto, a indiqué un porte-parole onusien. «C'est le premier (coup d'Etat) dans la région depuis la fin de la guerre froide», a déploré M. d'Escoto, lors d'une réunion extraordinaire de l'Onu.

Source La Presse

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L'élection d'Ahmadinejad confirmée

En soirée, l'ayatollah Ahmad Janati, chef du Conseil des gardiens de la Constitution, organe chargé de valider les élections, a confirmé les résultats de la présidentielle du 12 juin, en se fondant sur le recomptage de 10% des urnes prises «au hasard» dans tout le pays.

«Nous confirmons le résultat de la 10ème élection présidentielle», a déclaré M. Janati, selon le texte d'une lettre au gouvernement lue à la télévision.

«La majorité des objections (que nous avons examinées) n'ont pas été considérées comme des fraudes mais n'ont été que des irrégularités mineures qui se produisent lors de chaque élection. Elles ne sont pas significatives et les objections sont donc infondées», a estimé M. Janati.

Le sortant Ahmadinejad a officiellement obtenu 63% des voix, contre 34% pour son principal rival, Mir Hossein Moussavi.

Source: La Presse

Honduras : Le putsch de Roberto Micheletti

Honduras: Roberto Micheletti avertit Hugo Chavez

Le président désigné du Honduras, Roberto Micheletti, qui a remplacé Manuel Zelaya évincé du pouvoir dimanche, a averti dans la nuit son homologue vénézuélien Hugo Chavez contre toute ingérence, affirmant que son pays était prêt «à la guerre».

Le dirigeant par intérim du Honduras, qui a été désigné par le parlement, a déclaré avoir entendu dire que «plusieurs batallions se préparaient» hors du Honduras en vue d'une intervention.

«Je n'encouragerai personne à faire preuve de ce courage là car nos forces armées sont prêtes à défendre le pays», a déclaré M. Micheletti à la télévision, disant ne pas accepter de menaces de la part «de ce monsieur», en référence au président vénézuélien.

Il a à nouveau rejeté la notion d'un coup d'État dans son pays, assurant qu'«un coup d'État se déroule avec effusion de sang, ici il n'y a pas eu une goutte de sang».

Source La Presse


Le putsch est de retour en Amérique latine
de Lisa-Marie Gervais

L'expulsion manu militari du président du Honduras déclenche un tollé

Conséquence directe du premier coup d'État en Amérique latine à réussir depuis la guerre froide, l'expulsion du président du Honduras par l'armée a été vivement critiquée par de nombreux chefs d'État et d'organisations internationales. Alors que Manuel Zelaya était emmené au Costa Rica, les Nations unies et l'Organisation des États américains (OEA) ont condamné le putsch et convoqué des assemblées d'urgence. Les États-Unis et l'Union européenne leur ont emboîté le pas en faisant valoir leur désaccord avec la destitution du président du Honduras.

Le président du Congrès, Roberto Micheletti, désigné depuis peu chef de l'État du Honduras, a décrété hier un couvre-feu de 48 heures dans le pays à partir de 21h. M. Micheletti a affirmé que l'armée n'avait pas perpétré de coup d'État, mais qu'elle avait simplement «exécuté un ordre judiciaire» parce que le président «enfreignait [les] lois du pays». Il faisait ainsi référence au référendum que voulait tenir M. Zelaya sur une modification de la Constitution destinée à lui permettre de briguer un second mandat de quatre ans.

Le président de l'OEA, José Miguel Insulza, a appelé la communauté internationale à s'unir contre cette grave «altération du processus démocratique», au commencement d'une réunion où les pays membres devaient décider de la position à adopter devant le nouveau gouvernement. Ses propos ont trouvé écho chez le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a demandé que le président Zelaya soit immédiatement rétabli dans ses fonctions. Le Groupe de Rio, qui comprend 23 pays latino-américains, a exprimé «sa condamnation la plus énergique» du coup d'État perpétré hier au Honduras.

Pour sa part, le président du Venezuela, Hugo Chávez, allié de Manuel Zelaya, a réagi avec colère à ce putsch et a menacé de faire tomber la nouvelle junte. Il a dit avoir placé l'armée vénézuélienne en état d'alerte et a assuré qu'il pourrait intervenir militairement si l'on s'en prenait à l'ambassadeur du Venezuela au Honduras. S'exprimant à la télévision nationale, M. Chávez a fait savoir qu'il ferait tout ce qu'il faut pour «faire échouer» le putsch.

Des soldats honduriens ont enlevé l'ambassadeur de Cuba et ont roué de coups l'ambassadeur du Venezuela, l'abandonnant sur le bas-côté, a-t-il affirmé.

Une crise annoncée

La crise couvait ainsi depuis plusieurs jours au Honduras, où Manuel Zelaya avait destitué le chef d'état-major, le général Romeo Vasquez, parce qu'il refusait de l'aider à organiser son référendum sur la réforme de la Constitution. Jugeant la procédure référendaire «illégale», la Cour suprême du Honduras s'était alors rangée du côté du chef de l'armée et avait demandé au président de le rétablir dans ses fonctions. C'est d'ailleurs à la demande de la Cour que le président Zelaya a été évincé du pouvoir. «[L'armée] est intervenue pour défendre la loi», a indiqué la Cour suprême par voie de communiqué, peu de temps après le putsch.

Soutenu par des organisations populaires et indigènes, Manuel Zelaya avait opéré un net virage à gauche après son élection et s'est rapproché des dirigeants de gauche de la région comme le président du Nicaragua, Daniel Ortega, ou du Venezuela, Hugo Chávez.

Les États-Unis ont nié avoir joué le moindre rôle dans les événements du Honduras. «Il n'y a eu aucune implication américaine dans les actes qui ont visé le président Zelaya», a assuré un responsable de la Maison-Blanche à Reuters. «Nous reconnaissons Zelaya comme le président du Honduras élu selon les règles constitutionnelles. Nous n'en voyons aucun autre», a ajouté un responsable qui a demandé l'anonymat.

Le président américain, Barack Obama, a fait part de sa vive préoccupation à la suite de l'arrestation et de l'expulsion du président hondurien. «Toutes les tensions et tous les contentieux existants doivent être résolus pacifiquement par le dialogue, sans aucune ingérence extérieure», a-t-il déclaré par voie de communiqué. Les États-Unis disposent de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano, au Honduras.

Coup d'État à l'aube

Interrogé par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, Manuel Zelaya a expliqué avoir été réveillé à l'aube par des coups de feu contre sa résidence et avoir été enlevé par des militaires qui, au bout d'une demi-heure de fusillade, ont réussi à venir à bout de la résistance de ses gardes du corps. «Si organiser un référendum déclenche un coup d'État, l'enlèvement du président et son expulsion du pays, dans quel type de démocratie vivons-nous?», s'est demandé le président hondurien âgé de 56 ans.

Quatre commandos d'environ 200 soldats se sont rendus au domicile de M. Zelaya à l'aube hier, selon un voisin interrogé par la chaîne de télévision Radio Cadena Voces. Les militaires ont tiré «quatre coups de feu», puis sont repartis à bord de trois véhicules en direction d'une base aérienne. La maison du chef d'État a par la suite été entourée par des dizaines de militaires fortement armés, a confirmé un photographe de l'AFP. Quelque 2000 partisans de Manuel Zelaya, dont certains brandissaient des pelles et des barres de fer, ont brûlé des pneus devant le palais présidentiel.

Vendredi dernier, le Congrès national avait déjà évoqué la possibilité de son éventuelle destitution, avant de faire marche arrière en raison de l'absence de soutien des militaires. Mais à la suite des récents événements et des déclarations de la Cour suprême, M. Zelaya n'a pu se soustraire à cette expulsion manu militari.

Les députés honduriens ont ensuite officiellement démis M. Zelaya de ses fonctions en le remplaçant par le président du Congrès, Roberto Micheletti. Les deux hommes appartiennent à la même formation politique, le Parti libéral au pouvoir.

Quelques heures après la destitution du président Zelaya, des manifestants, munis de masques et de bâtons, ont pris les rues de Tegucigalpa, la capitale, entourés de soldats et de chars. Les retransmissions des chaînes de télévision et de radio ont été interrompues, l'aéroport international a été fermé, l'électricité et les communications ont également été coupées.

Se disant toujours président, M. Zelaya, élu en 2006, a demandé l'asile politique au Costa Rica, selon le service hispanophone de la chaîne CNN. Il a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes en déclarant que ceux-ci «ne pourront pas conserver le pouvoir».
Source Le Devoir

dimanche 28 juin 2009

Honduras : Coup d'État

Coup d'État au Honduras: le président au Costa Rica

Ana Fernandez
Agence France-Presse
Tegucigalpa

Des militaires agissant sur ordre de la justice ont arrêté dimanche matin puis expulsé au Costa Rica le président du Honduras, Manuel Zelaya, qui était sur le point d'organiser une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême de ce pays d'Amérique centrale.

Le président du Congrès, Roberto Micheletti, a été désigné quelques heures plus tard nouveau chef de l'Etat du Honduras par le parlement.

Le président américain Barack Obama s'était précédemment dit «profondément préoccupé» par la situation au Honduras et sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait condamné des actions qui «violent les principes de la Charte démocratique interaméricaine».

Partout dans le monde, les condamnations de cette éviction se sont multipliées et notamment dans les rangs de la gauche radicale latino-américaine, dont M. Zelaya s'était rapproché ces dernières années après avoir été élu en 2006 sous l'étiquette conservateur.

Huit de ses ministres ont aussi été arrêtés par les forces armées, a indiqué à l'AFP un fonctionnaire du gouvernement.

L'ambassadeur de Cuba au Honduras, Juan Carlos Hernandez, a également déclaré avoir été brièvement arrêté et frappé par des militaires, alors qu'il essayait de protéger la ministre hondurienne des Affaires étrangères,Patricia Rodas , avec l'aide de ses homologues du Venezuela et du Nicaragua.

Les pays membres de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), bloc antilibéral fondé par le Venezuela et Cuba auquel a adhéré le Honduras, ont dénoncé un «coup d'Etat».

Un sommet de l'Alba a été convoqué en urgence dimanche à Managua, selon le président vénézuélien Hugo Chavez qui a menacé «d'agir, y compris militairement», si son ambassadeur au Honduras était agressé.

Source La Presse

C'est la Cour suprême du pays qui aurait ordonné de déposer le président Zelaya pour l'empêcher d'organiser, dimanche, un référendum controversé qui lui aurait permis de briguer un nouveau mandat. L'armée et le plus haut tribunal du pays se sont opposés à cette consultation populaire, jugée illégale.

Le Congrès du Honduras a approuvé ce qui a été présenté comme une lettre de démission du président Manuel Zelaya, quelques heures après la destitution de celui-ci. La missive attribuerait le départ présumé du chef de l'État à la situation politique et à des « problèmes de santé fondamentaux ».

Manuel Zelaya a déclaré que cette lettre de démission était « totalement fausse », rappelant qu'il était toujours président.

S'exprimant sur la chaîne latino-américaine Telesur pour dénoncer « le coup d'État » et son « enlèvement », M. Zelaya a appelé ses concitoyens à résister de façon non violente, parlant du « complot d'une élite vorace qui veut garder le peuple dans la pauvreté ».



M. Zelaya a demandé à Washington de ne pas soutenir le geste des militaires putschistes.Si [Washington] n'apporte pas son soutien à ce coup d'État, il peut empêcher cette attaque contre notre peuple et contre la démocratie », a-t-il fait valoir.

À son arrivée au Costa Rica, le président renversé a indiqué qu'il prendrait part au sommet des présidents des États d'Amérique centrale, lundi à Managua. Ce sommet, qui doit réunir les sept pays de la région et la République dominicaine, a été convoqué par le président du Nicaragua, Daniel Ortega, afin de dresser « un front de lutte centre-américain » pour « remettre (en fonction) le président Manuel Zelaya ».

Source Radio Canada


Le President Chávez appui Manuel Zelaya



Le "président désigné",Roberto Micheletti,décrète un couvre-feu de 48 heures

"Le couvre-feu commence aujourd'hui et se terminera mardi", a déclaré M. Micheletti lors de sa première conférence de presse après sa désignation.
L'armée n'a pas commis de "coup d'Etat", a-t-il déclaré, soulignant que les militaires s'étaient limités à "exécuter une decision de justice", prononcée parce que M. Zelaya "enfreignait les lois du pays".

Source Romandie.com


La raison de ce coup de force.

Le président, la Justice et l'armée sont à couteaux tirés depuis un certain temps. Les militaires s'opposent à la volonté du président d'aller de l'avant avec une réforme constitutionnelle, qui aurait permis à un président en exercice de briguer un second mandat.

Une consultation populaire prévue à cet effet devait avoir lieu ce dimanche, mais la Cour suprême a fait valoir plus tôt cette semaine qu'elle n'aurait aucun caractère légal. Une telle réforme permettrait au président Zelaya de briguer un deuxième mandat le 29 novembre prochain, mais il s'est jusqu'ici défendu d'en avoir l'intention.

Le refus de l'armée de l'appuyer a incité cette semaine M. Zelaya à limoger le chef d'état-major des forces armées. Cette décision a provoqué la démission du ministre de la Défense, suivie de celle des chefs de l'armée de terre, de l'air et de la marine.

La Cour suprême s'est peu après déclarée de façon unanime pour le retour en poste du chef d'état-major. Élu en 2006 comme conservateur, M. Zelaya s'est depuis rapproché des dirigeants de la gauche antilibérale de la région, au premier chef le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez.
Source Radio Canada

COMMENTAIRE
« En Iran, le peuple a voté et les médias se sont empressés de faire une campagne sur la prétendue fraude électorale et d’accuser le gouvernement iranien d'utiliser sa police pour réprimer les manifestants. Aujourd'hui, les mêmes médias ne s'empressent pas trop pour dénoncer les militaires qui renversent, par un coup d'État, un président qui voulait amender la constitution et faire un référendum. En occident, la démocratie a deux vitesses, la bonne est à droite et la mauvaise est à gauche. »


Les colons israéliens destructeurs

En une nuit, les moyens d’existence d’un Palestinien détruits par les colons israéliens
Par Palestine Solidarity Project

Le 22 juin, aux premières heures, les colons de la colonie Bat ‘Ain ont mis le feu et ont coupé plus de 125 pieds de vigne et d’arbres appartenant à Hamad Soleiby.

Les soldats israéliens ont dit qu’ils avaient vu un feu dans les champs pendant la nuit et qu’ils y étaient allés pour l’éteindre, bien qu’ils n’aient rien fait pour collecter les preuves : des bidons d’essences et des allumettes étaient toujours là le matin suivant, lorsque les activistes de PSP ont accompagné la famille du fermier pour constater les dommages.

Une semaine auparavant, les militants israéliens de la solidarité avaient filmé les colons de Bat ‘Ain qui leur disaient : “Vous devriez revenir voir la semaine prochaine”, et qu’ils mettraient le feu à tout le secteur. Ce qui n’a pas été brûlé a été systématiquement coupé à la scie électrique. Les 125 arbres représentaient une grosse proportion des revenus d’Hamad. En une nuit, les colons ont pratiquement détruit toutes les ressources de la famille.

Lundi, quand les militants ont rejoint le frère d’Hamad pour témoigner de la destruction, les soldats et la police israélienne sont arrivés en force, avec trois jeeps et un transporteur de troupes plein de soldats. Le frère d’Hamad, Abu Jabber, s’est approché du commandant, lui demandant de venir constater par lui-même ce qu’avaient fait les colons. Au lieu de cela, les soldats ont informé le groupe que c’était une zone militaire fermée, et tous ont dû quitter les lieux, sauf Abu Jabber et un militant israélien. Abu Jabber et le militant israélien, qui fait partie de l’organisation commune Ta’ayush ("Vivre ensemble", en arabe), ont été escortés jusqu’au poste de police à l’intérieur de la colonie pour porter plainte.

Cependant, si l’on considère ce qui s’est passé la semaine dernière, lorsque les colons ont été autorisés à pénétrer dans le secteur en toute impunité pendant que les militants internationaux et israéliens étaient agressés et arrêtés, il y a peu de raison de penser que les soldats et la police israélienne, basés à l’intérieur de la colonie, feront grand chose pour protéger les droits des Palestiniens et leur terre.

Pendant la nuit également, et de façon ironique, alors que les colons pénétraient librement sur les terres palestiniennes et détruisaient de grands pans de zones agricoles sans aucune intervention de l’armée ou de la police israélienne, les soldats israéliens envahissaient plusieurs maisons à Suffa et arrêtaient 8 personnes, ainsi qu’une personne à Beit Ommar, sans aucune raison connue.

Source: International solidarity movement

samedi 27 juin 2009

Canada Iran : Harper hypocrite

ENCORE PLUS D'HYPOCRISIE DE HARPER
Editorial du journal People's Voice du 1er au 31 juillet 2009

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a manifesté le profond mécontentement de son gouvernement relativement à la répression qui s'abat contre les forces d'opposition en Iran, alors que ce dernier empêche des Iraniens de se réfugier à l'ambassade du Canada à Téhéran. M. Harper aurait peut-être pris conscience de l'ampleur des violations des droits de la personne et des principes démocratique qui ont cours dans notre monde. S'il en est ainsi, nous l'invitons instamment de passer en revue certains de ses proches alliés.

Si les conservateurs ont vraiment horreur des attaques perpétrées contre des civils, ils condamneront peut-être les actions de l'armée israélienne, qui a tué des milliers de Palestiniens et de Libanais au cours du mandat de M. Harper au pouvoir. Si la nouvelle prise de conscience du premier ministre porte également sur la vie des syndicalistes, il annulera peut-être l'accord de libre-échange prévu avec le régime colombien, qui se trouve au premier rang parmi les gouvernements de toute la planète, qui assassinent des militants syndicaux. Et s'il veut vraiment réduire la prolifération nucléaire, il devrait s'occuper de la dangereuse menace que constituent les armements nucléaires stockés à notre frontière sud, aux États-Unis, ou au Proche-Orient, en Israël.

L'hypocrisie de Harper et des conservateurs est vraiment incommensurable. Le gouvernement fait la leçon aux autres sur l'état de droit, alors qu'il rejette systématiquement toutes les décisions "inadéquates" des tribunaux. Ce comportement du premier ministre est tellement extrême que nous avons été sidérés lorsqu'il a récemment accepté l'ordre de la Cour fédérale du Canada autorisant Abousfian Abdelrazik à revenir du Soudan, alors qu'il refuse d'accepter une autre décision permettant le rapatriement de l'enfant-soldat Omar Khadr du camp de concentration états-unien de Guantanamo Bay.

Mais en vérité M. Harper fait partie de la poignée de dirigeants d'extrême-droite qui appuient l'idée d'un "changement de régime" imposé militairement en Iran, et il choisi soigneusement ses paroles pour obtenir l'appui du public à cette horrible action. Le peuple iranien est tout à fait capable de restaurer la démocratie et les droits de la personne sans la prétendue "aide" des bombes et des balles de l'OTAN. Les Canadiens peuvent contribuer à cela en se débarrassant des conservateurs de Harper et en élisant un gouvernement qui soit d'accord avec la nécessité de mener une lutte mondiale exhaustive pour la paix et la justice sociale.

Publié par Parti Communiste du Québec

Iran: Qui est Hussein MOUSSAVI ?

Qui est Hossein Musavi le « combattant de la liberté » d’Iran ?

Il fut le premier ministre du pays pendant la guerre avec l’Irak (1981-1989). Il fut responsable de l’exécution du massacre de milliers de prisonniers politiques. C’est durant son mandat que la totalité des partis et organisations politiques, syndicats, organisations féministes etc. furent poursuivis, leurs membres - dont des milliers de jeunes et étudiants - arrêtés, torturés, exécutés. Il s’agit du plus grand massacre de l’histoire contemporaine d’Iran. Parmi les victimes, 53 membres du comité central du part Toudeh (communiste), dont 4 qui avaient passé 25 dans les prisons du Shah, des poètes, des écrivains, professeurs d’université, médecins, des dizaines de militaires (parmi lesquels le commandant en chef des forces navales d’Iran, le général Afzali, accusé d’être communiste), les principaux représentants des minorités religieuses au parlement (toutes de gauche), liquidés après avoir souffert des tortures inimaginables tant physiques que psychologiques (par exemple être contraint à tirer le coup de grâce à leur camarades). Les revendications d’autonomie des minorités ethniques (près de 60% de la population du pays) durement réprimées, des centaines de kurdes et de turkmènes pendus sur les places publiques. L’ampleur de la répression politique, religieuse, ethnique, et antiféministe du régime islamiste a contraint plus de 4 millions d’iraniens à l’exil, le plus grand exil de toute son histoire. On estime à 30 000 le nombre d’assassinats dans ces quelques mois de 1988.

En 2008, à l’occasion du vingtième anniversaire du massacre, Amnesty International, dans son rapport annuel, demande que les responsables du « massacre des prisons » rendent des comptes (la plupart des victimes étaient déjà en prison). Tout le monde en Iran n’a pas oublié ce sanglant épisode de l’histoire et durant la campagne électorale, plusieurs fois, les étudiants ont demandé des explications à Musavi sur son rôle de l’époque.

Pourquoi ce gouvernement iranien gêne-t-il tant les puissances occidentales ? Les mêmes qui ne pipent mot quand il s’agit de dictatures ou de démocraties amies qui violent systématiquement les droits de l’homme.

En premier lieu parce que le gouvernement d’Iran est un obstacle considérable dans la région pour la stratégie impérialiste et son gendarme local le gouvernement de droite raciste d’Israël. En deuxième lieu parce que l’Iran, fort de son droit, résiste à l’énorme pression des grandes puissances et poursuit son programme de développment de l’énergie nucléaire.

La logique éléctorale des puissances occidentales

En ce qui concerne les élections, la logique occidentale part d’un principe universel : quand un ami des grandes puissances triomphe, il s’agit d’élections libres et quand des partis, mouvements ou personnalités hostiles gagnent, il y a fraude !

Dans le cas actuel, en Iran, on applique le principe universel en le complétant d’une espèce de syllogisme : 1) le candidat de l’opposition MUSAVI devait gagner ces élections, comme le souhaitaient les occidentaux, 2) MUSAVI a perdu les élections (un tiers des voix contre deux tiers au président actuel), 3) Conclusion : il y a eu fraude,

La conclusion a été assumée par les grandes puissances, ses leaders politiques et les grands médias.

Le résultat final, communiqué officiellement sur les 40 millions de votants Ahmadinejad 62.63% (25 millions) ; Musavi 33.75% (13.500.000) Rezai 1.73% (692.000) Karoubi 0.85% (340.000).

Pour qu’un tel résultat soit le résultat d’une fraude, celle-ci eut été monumentale et personne n’a apporté la moindre preuve d’une manipulation de cette envergure. Mais la « communauté internationale » (c’est ainsi que les médias nomment les grandes puissances) veut se débarasser à n’importe quel prix du gouvernement iranien actuel. C’est pourquoi MUSAVI est devenu le « combattant de la liberté »,

Source Le Grand Soir



5ème appel au peuple d’Iran de Hussein Musavi
Texte intégral


Tlaxcala publie et traduit des déclarations du candidat défait à l’élection présidentielle iranienne, Mir-Hossein Mousavi, dans le strict but d’informer le public en dehors d’Iran. Ces publications n’impliquent pas que nous partagions les positions de Mousavi, pas plus que nous ne partageons celles d’Ahmadinejad ou des autres candidats. Tlaxcala est un réseau associant de très nombreuses cultures, langues, sensibilités et itinéraires et qui veille à sauvegarder son indépendance et son regard critique. Il nous semble salutaire de restituer la parole de celui que certains, victimes de la propagande impériale, auraient tendance à considérer comme « l’homme des Américains » à Téhéran. À chacun de se faire son opinion en se donnant la peine de découvrir le discours et la pensée des hommes engagés dans la bataille du pouvoir en Iran.-FG

Témoignage: La torture sous Saddam

Souvenir d'un membre de la communauté chiite persécutée sous le règne de Saddam Hussein.

Voici le témoignage du Dr Hussein Shahristani, titulaire d'un doctorat en chimie nucléaire de l’université de Toronto et ancien conseiller scientifique de l'Organisation de l'énergie atomique sous le règne de Saddam Hussein. Il est chiite, marié à une Canadienne et a trois enfants. Voici un résumé de ce qu'il raconte.

TÉMOIGNAGE Dr Hussein Shahristani

En 1979, le régime irakien a réagi brutalement face à l'activisme de certains membres de la communauté chiite. Les exécutions et les arrestations massives ont commencé dès l'été. Lors des réunions de travail, j’ai exprimé mon inquiétude quant au respect des droits de l'homme. Je savais que j'étais indispensable à leur programme d'énergie atomique, je me disais qu'ils ne m'arrêteraient pas juste parce que j'exprimais mon opinion....

Moi et mon collègue, le Dr Ziad Jaafar, étions les deux conseillers de Saddam;on était des scientifiques d’expérience et estimés. On était aussi des amis très proches. J'ai parlé de tout ça avec lui. Je lui ai dit : « si Saddam envisage des applications militaires, il est hors de question que je reste dans cette organisation ».

À l'époque, on n’a pas pris cette affaire au sérieux..... le 4 décembre 1979, pendant que je faisais un discours au conseil d’administration de l'organisation de l’énergie atomique — se sont présentés des gens de la sécurité — ils ont dit : « est-ce que l’on pourrait parler au Dr Hussein? » je les ai suivis dehors. Ils m'ont passé les menottes et amené au bureau du chef de la sécurité, le Dr Fadel Baraq (1) que Saddam a fait exécuter plus tard.

Ils m'ont mis face à un homme que je connaissais, un entrepreneur qui s'appelait Jawad Zoubeidi. Il était tellement amoché que je l'ai à peine reconnu. Jawad a dit : « je connais le “Dr Hussein”. Il vient à la mosquée et participe à nos activités religieuses ». Pour eux « activités religieuses » voulait dire activités antigouvernementales. Ils m’ont dit : « tu ferais mieux de tout avouer ou tu vas le regretter ». Puis ils m’ont emmené dans la chambre de torture au sous-sol. Et pendant 22 jours j’ai subi leur traitement....

À Bagdad, la torture était monnaie courante et le degré de cruauté variait. Les décharges électriques ça pouvait être n’importe où sur le corps. Parfois ils cramaient leurs prisonniers aux testicules et continuaient jusqu'à ce qu’ils crament entièrement. Pareil avec les orteils. Ils battaient aussi avec des barres de fer, dans le ventre ou sur la poitrine. Mais avec moi ils faisaient trait attentions a ce que je n’aie aucune marque sur le corps. J'ai vu un homme, ils lui avaient brulé le ventre avec un fer. Sur d'autres, ils utilisaient des perceuses pour leur trouer les os des bras ou de jambes. Il y avait un officier, Naquib Hamid, ils lui ont dissous les pieds dans de l'acide. Il y avait une autre technique de torture qui consistait à remplir une baignoire d’acide sulfurique. Ils prenaient un homme au hasard et commençaient par lui plonger les mains dans le bain. Le fondateur du parti Dawa, Adboul Saheb Khail, lui, a été entièrement dissous. Baraq m'a dit : « Vous savez pour Khail? C'est là-dedans qu'il a fini »

Au stade final de la torture, ils ont une table avec une scie circulaire électrique. Ils coupent une main, ou un pied. La plupart des prisonniers se mettent à parler. Ceux qui ont résisté jusqu'au bout sont très rares Adhan Salman (il était professeur), un des chefs du Dawa, à refuser de parler.

J'ai passé 8 ans dans la prison d’Abou Ghraib et je me suis évadé en février 1990.

Je connaissais Saddam. Et il me connaissait... Je me souviens qu'une fois, Saddam m'a dit : « Vous êtes scientifique. Et moi, homme politique. Je vais vous dire ce que c'est la politique. Je prends une décision. J'annonce le contraire aux autres. Et puis je fais quelque chose qui surprend tout le monde. Y compris moi-même. »

1- Dr Fadel Baraq a eu son doctorat en psychologie militaire à Moscou

Source: La grande guerre pour la civilisation de Robert Fisk

Article à lire:
Profile: Hussain al-Shahristani Time On line
KURDISH WOMEN SOCIETY OF VICTORIA
Open Letter to Dr. Hussein Shahristani

vendredi 26 juin 2009

Le Canada en Afghanistan coût de la guerre

Afghanistan - Le coût de la guerre a doublé en quatre ans
de Alec Castonguay

Ottawa -- Les Forces canadiennes ont reconnu hier avoir fait une «erreur» en refusant de divulguer les coûts de la mission militaire en Afghanistan pour cause de «sécurité nationale». L'armée a corrigé le tir et a dévoilé au Devoir les chiffres les plus récents.

On y apprend notamment que l'année financière en cours (2009-10) sera la plus chère de la mission en Afghanistan. Les Forces canadiennes estiment qu'elles vont dépenser 1,513 milliard de dollars cette année. C'est presque le double (+ 88 %) du budget 2006-07, la première année complète des soldats canadiens à Kandahar. L'armée avait alors déboursé 805 millions de dollars.

En fait, le budget militaire consacré à l'Afghanistan est en hausse constante depuis 2006-07. Selon Jeremy Sales, directeur des affaires publiques pour l'Afghanistan au ministère de la Défense, cela reflète l'augmentation des violences à Kandahar, l'ajout de soldats pour y faire face et l'arrivée sur le terrain de nouveaux équipements coûteux à faire fonctionner, notamment des hélicoptères et des drones (avions sans pilote).

2006-07: 805 millions $

2007-08: 967 millions $

2008-09: 1,19 milliard $

2009-10: 1,513 milliard $

2010-11: 1,468 milliard $

2011-12: 779 millions $

Les chiffres pour l'année en cours (2009-10) et les suivantes sont des estimations, prévient l'armée. Le ministère précise aussi que les 779 millions de l'année 2011-12 sont destinés au rapatriement des troupes au Canada à la fin de la mission. Cette somme servira aussi à remettre en bon état l'équipement (véhicules, chars d'assaut, hélicoptères, etc.) après les conditions difficiles de Kandahar. «C'est un montant nécessaire pour revenir à la normale, dit Jeremy Sales. Il n'est pas question de garder les troupes là-bas après juillet 2011.»

Les Critiques

Le chef du NPD, Jack Layton, s'est dit «content» d'apprendre que les Forces canadiennes avaient changé leur fusil d'épaule. «Les gens ont le droit de savoir le montant de leur impôt qui va en Afghanistan», a-t-il dit au Devoir.

Mais M. Layton se demande si le ministère de la Défense n'a pas d'abord refusé de divulguer les chiffres pour des raisons politiques afin de ne pas nuire au gouvernement Harper. «Est-ce que le bureau du premier ministre ou le Conseil privé est intervenu? La question se pose. Ce gouvernement est tellement secret, il veut tout contrôler», dit-il.

Selon le colonel à la retraite Michel Drapeau, qui est aujourd'hui expert en matière d'accès à l'information, il y a en effet un mélange toxique entre l'aspect politique et l'accès à l'information. Selon lui, les fonctionnaires qui oeuvrent dans les bureaux de l'accès à l'information n'ont pas le courage et la capacité de s'opposer au puissant Conseil privé -- le ministère du premier ministre --, qui met son nez partout.

«Le Conseil privé est envahissant. Il contrôle toutes les communications du gouvernement. Les bureaux d'accès à l'information s'en plaignent tout le temps», dit Michel Drapeau.

Selon lui, la Défense nationale et le Conseil privé «se sont fait prendre les culottes à terre» par cette controverse, ce qui les a forcés à reculer. «Je ne crois pas à une erreur de bonne foi.»

Denis Coderre, critique libéral en matière de défense, pense lui aussi que les Forces canadiennes utilisent trop le prétexte de la «sécurité nationale» pour cacher de l'information. « Le gouvernement en profite pour contrôler son message, dit-il. Ils utilisent la sécurité nationale de manière éhontée. Cette fois, ils se sont fait prendre. Je pense que la Défense n'a pas encore guéri cette maladie du secret.»

Source: Le Devoir

Naomi Klein une canadienne à la manifestation de Bi’lin

La manifestation de Bi’lin marquée par la présence de Naomi Klein
Ecrit par Younes Salameh

Les villageois de Bil’in ont eu l’honneur de recevoir l’auteur altermondialiste Naomi Klein, venue défendre le boycott d’Israël et la manifestation non-violente du village.

Alors que des membres du comité populaire du village sont au Canada pour le procès intentés contre deux entreprises canadiennes impliquées dans la construction des colonies confisquant des terres de Bil’lin, la journaliste et auteur canadienne Naomi Klein est venu apporté son soutien aux manifestants du village.

En tournée dans les territoires palestiniens, elle a ainsi tenue une conférence de presse avant la manifestation dans laquelle elle a insisté sur l’importance d’un boycott économique d’Israël.

« C’est un boycott des institutions israéliennes, de l’économie israélienne » a-t-elle souligné.

« Le boycott est une tactique…Nous essayons de créer une dynamique semblable à celle qui a permis de mettre fin à l’apartheid en Afrique du sud ».

Militante altermondialiste canadienne, l’auteur est revenu sur l’implication de deux compagnies de son pays (Green Park international et Green Mount international) dans la construction de colonies qui confisquent des terres du village.

« J’espère et je prie pour que la court canadienne apporte un peu de justice aux villageois de Bi’lin ».

L’auteur sera demain à Ramallah pour la promotion de son livre « La stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre » qui vient d’être traduit en arabe et en hébreu. Dans la logique de son soutien au mouvement Boycott, désinvestissement et Sanction, l’auteur a précisé que les bénéfices de son livre traduit en hébreu iront à des groupes militants israéliens.

Elle a ensuite pu observer de loin la répression des forces israéliennes de la manifestation. Comme chaque semaine, villageois, internationaux et militants israéliens ont subi les tirs de gaz lacrymogène par l’armée. Une douzaine de personne ont été légèrement blessés. (PNN)

Source Palestine News Network

Iran : Le pouvoir écarte toute fraude

Le pouvoir iranien écarte toute fraude, le G8 appelle à cesser la répression
Siavosh Ghazi
Agence France-Presse

Le pouvoir iranien a affirmé vendredi que la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad avait été la plus «propre» de l'histoire du régime islamique, alors que le G8 a appelé Téhéran à cesser la répression des manifestants qui crient à la fraude.

«Nous pouvons dire avec certitude qu'il n'y a eu aucune fraude», a déclaré Abbasali Kadkhodai, le porte-parole du Conseil des Gardiens de la constitution, l'institution chargée de confirmer la validité des scrutins.

Le principal rival de M. Ahmadinejad et chef du mouvement de contestation qui a suivi l'élection du 12 juin, Mir Hossein Moussavi, et le candidat réformateur Mehdi Karoubi réclament toujours son annulation pour fraude.

«La dernière élection a été la plus propre» de toutes les présidentielles en Iran, a dit M. Kadkhodai. «Les examens faits au cours des dix derniers jours montrent qu'en dehors d'irrégularités mineures (...), il n'y a pas eu d'irrégularités majeures».

Il avait déjà exclu mardi une remise en cause de la réélection du président ultraconservateur alors que le Conseil s'est donné jusqu'à lundi pour confirmer définitivement le résultat.

Des manifestations sans précédent en 30 ans de République islamique ont suivi l'annonce de la victoire du président Ahmadinejad avec plus de 63% des suffrages. Mais le pouvoir est ensuite parvenu à réprimer la contestation dans la rue qui a fait au moins 17 morts selon des médias officiels.

Réunis à Trieste en Italie, les chefs de diplomatie du G8 ont demandé la fin des violences contre les manifestants. Tout en disant respecter la souveraineté de l'Iran, l'Italien Franco Frattini souligne que la déclaration du G8 «déplore» les violences post-électorales et invite le pouvoir iranien à respecter en particulier «le droit d'expression».

Le G8 n'accepte «ni les violences, ni la répression, ni l'expulsion des journalistes», a-t-il dit.

Son homologue britannique David Miliband a jugé «déplorables» les violences des dix derniers jours où des personnes ont été tuées ou battues. L'idée que les manifestants sont «manipulés par des pouvoirs étrangers est totalement dénuée de fondement», a-t-il ajouté.

Cela n'a pas empêché un influent religieux conservateur iranien, Ahmad Khatami, de demander au gouvernement de «mieux contrôler» la presse étrangère, accusée d'avoir provoqué les manifestations.

«Les médias américains, européens et britanniques ont montré leur perversité dans cette histoire», a-t-il dit dans un prêche lors de la prière du vendredi à Téhéran. «Ils mettent de l'huile sur le feu. Comment peuvent-ils se promener librement dans le pays. J'attends du gouvernement qu'il les contrôle».

«Ils mentent. Regardez l'affaire de cette dame qui a été tuée et pour laquelle (le président américain Barack) Obama a versé des larmes de crocodiles. N'importe qui voyant ce film comprend que ce sont les émeutiers qui ont crée cette histoire de toute pièce», a-t-il affirmé.

Il faisait référence à la mort par balle lors d'une manifestation à Téhéran d'une jeune Iranienne, Neda Agha-Soltan, dont l'agonie, filmée, a fait le tour de l'internet et provoqué une grande émotion.

Les autorités ont déjà imposé d'importantes restrictions à la presse étrangère depuis une dizaine de jours en lui interdisant notamment de couvrir les manifestations de l'opposition.

Elles ont annoncé l'arrestation d'un journaliste greco-britannique, Jason Fowden après celle du journaliste irano-canadien Maziar Bahari, travaillant pour des journaux américains. Le correspondant permanent de la BBC en Iran, Jon Leyne, a été expulsé.

Enfin, le candidat conservateur à la présidentielle, Mohsen Rezaï, qui a renoncé à sa plainte devant le Conseil des gardiens, a affirmé qu'il continuerait à se battre pour «réparer les dommages causés au régime islamique».

Source La Presse